S’attaquer aux personnes simplement parce qu’ils sont étrangers n’est pas un acte de patriotisme. C’est de l’anarchie et cela ne peut être toléré. C’est ce qu’a dit Cyril Ramaphosa, président sud-africain, ce lundi 11 avril. Pour lui, les récents incidents de sentiment anti-étranger dans certaines parties du pays est une forme d’apartheid.
« Nous avons vu des gens se faire arrêter dans la rue par des particuliers et être forcés de produire une pièce d’identité pour vérifier leur statut d’immigrant. Certains dirigeants politiques ont fait des déclarations non scientifiques sur les immigrants pour exploiter les griefs des gens à des fins politiques. Nous avons vu des gens se faire attaquer, blesser, et même tuer à cause de leur apparence. Ou simplement ils avaient un accent particulier », dit le chef d’Etat sud-africain.
Il estime que le pays ne peut pas permettre que de telles injustices se reproduisent.
« La criminalité est un grave problème dans ce pays. Elle touche toutes les communautés et les gens qui sont fatigués de vivre dans la peur des criminels. Nous ne pouvons pas vaincre le crime par l’incitation, la violence, l’intimidation et le vigilantisme. Ces dernières visent les ressortissants étrangers, dont les ressortissants d’autres pays africains », indique M. Ramaphosa.
« Comme toute nation souveraine, nous avons le droit de mettre en œuvre des politiques et des mesures qui garantissent l’intégrité de nos frontières, protègent les droits des Sud-Africains et garantissent que tous ceux qui résident à nos frontières ont le droit légal d’être ici. Et que le contrôle de la migration relève de la responsabilité du gouvernement », renseigne-t-il.
Les événements survenus la semaine dernière dans le canton de Gauteng à Diepsloot, au nord du pays ont été une tragédie. Une foule a fait le tour dans un quartier, frappant aux portes et exigeant de voir les passeports des immigrants illégaux présumés. Un ressortissant zimbabwéen a été victime de cette foule. Selon la police, il aurait été traîné hors de sa maison, battu et lapidé. Mais aussi incendié dans la rue voisine.
Ali Maliki

