Ce mercredi 29 avril, des partisans du régime militaire burkinabè ont appelé à une marche à Ouagadougou en soutien au chef de la junte, le capitaine Ibrahim Traoré, quelques jours après des arrestations de hauts gradés de l’armée soupçonnés de tentative de coup d’Etat, selon l’Agence d’information du Burkina (AIB).
La Coordination nationale de la veille citoyenne (CNAVC), rassemblement d’organisations de la société civile pro-régime, a appelé les Burkinabè à « sortir massivement le 30 avril 2025 à la Place de la Révolution pour soutenir le capitaine Ibrahim Traoré », dans un entretien à l’AIB.
« Les menaces ne passent plus. Pour atteindre le président Ibrahim Traoré, il faut d’abord marcher sur le peuple burkinabè », a déclaré à l’AIB Ghislain Dabiré, porte-parole de la CNAVC.
Cette marche de soutien annoncée intervient quelques jours après l’arrestation d’une dizaine d’officiers et de sous-officiers de l’armée soupçonnés d’une tentative de coup d’État dont les cerveaux seraient en Côte d’Ivoire, selon le ministère de la Sécurité burkinabè.
La Côte d’Ivoire est régulièrement accusée d’héberger des personnes qui « se sont activées dans une entreprise de subversion » contre le Burkina, selon les autorités militaires.
« Je ne sais plus à la combientième accusation on est. J’attends encore les preuves de la dernière accusation. Peut-être qu’il y en aura d’autres », a démenti la semaine dernière Amadou Coulibaly, le porte-parole du gouvernement ivoirien.
La marche de soutien également pour mais de manifester contre des propositions prêtes au général américain Michael Langley, commandant de l’US Africom, a tenu début avril.
M. Langley a déclaré que « les ressources minières du Burkina Faso, ainsi que certains revenus issus de la coopération avec la République populaire de Chine, ne profiteraient pas à la population et serviraient plutôt à la protection du +régime en place+ », selon le ministère des Affaires étrangères burkinabè, qui a déclaré ces propositions.
« Le 30 avril 2025, nous allons montrer aux yeux du monde entier que le Burkina Faso n’est plus un État vassal, mais un État qui décide en toute souveraineté de ce qui est bien pour ses populations », a promis l’AIB Ghislain Dabiré.
Une autre organisation de la société civile pro-régime a appelé à un « sit-in pacifique » mercredi devant l’ambassade des Etats-Unis à Ouagadougou pour « dénoncer les déclarations inexactes » du général Langley.
Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré par un coup d’État en septembre 2022, les enlèvements ou arrestations extrajudiciaires, en particulier de civils sont considérés comme hostiles au régime militaire et de militaires accusés de complot, se multiplient.
AFP/Sahutiafrica

