Au Burundi, Agathon Rwasa a été évincé de la tête du Conseil national de la liberté (CNL), parti d’opposition, lors d’une assemblée générale dimanche 10 mars.
Il est accusé d’avoir échoué d’unifier ce parti de l’opposition divisé en deux camps. A 60 ans, Agathon Rwasa a été remplacé par Nestor Girukwishakae, un cadre supérieur d’une entreprise publique. Cette décision intervient, alors que le CNL avait été suspendu l’année dernière par le gouvernement burundais, qui l’accusait « d’irrégularités ».
Les critiques ont vivement réagi à cette destitution, qualifiant la décision du ministère de l’Intérieur de tentative d’étouffer la dissidence à l’approche des élections législatives prévues en 2025. Simon Bizimungu, secrétaire général, a dénoncé cette éviction, en affirmant qu’elle allait à l’encontre de la constitution du parti.
Selon Bizimungu, le ministre de l’Intérieur Martin Niteretse aurait refusé à Rwasa la tenue de sa propre assemblée générale, mais aurait autorisé un petit groupe de dissidents à organiser la réunion qui a abouti à la destitution de Rwasa. Les législateurs dissidents devront soumettre leurs décisions au ministère de l’Intérieur pour approbation.
Les médias locaux ont rapporté que la réunion de dimanche s’est déroulée sous une forte présence policière, laissant planer des doutes sur la légitimité des décisions prises. Agathon Rwasa avait terminé deuxième derrière le président Evariste Ndayishimiye lors des élections de 2020, que l’opposition avait contestées pour des irrégularités.
M. Ndayishimiye, qui a succédé au président Pierre Nkurunziza après sa mort, a été salué pour avoir lentement mis fin à des années d’isolement du Burundi. Cependant, les critiques soulignent un bilan mitigé en matière de droits humains et une situation économique précaire dans le pays.
La destitution d’Agathon Rwasa soulève d’inquiétudes quant à l’unité et à la stabilité du CNL à l’approche des élections législatives de 2025 et met en lumière les tensions politiques persistantes au Burundi.
Ben Tshokuta

