Alors que la durée de la transition au Gabon, où des militaires ont renversé le président Ali Bongo, n’est toujours connue, Raymond Ndong Sima, Premier ministre de la transition, estime qu’un délai « de deux ans avant les élections libres est un objectif raisonnable ».
« Il est bon de partir sur un objectif raisonnable. Nous avons le souhait de voir le processus aboutir en 24 mois pour qu’on puisse revenir à des élections », a déclaré Raymond Ndong Sima, civil nommé Premier ministre jeudi dernier par les militaires. D’après lui, cette période pourrait être « légèrement supérieure ou inférieure.
Selon M. Ndong Sima, son gouvernement de 24 membres, publié le week-end dernier, sera à pied d’œuvre pour mettre en place une nouvelle Constitution qui sera adoptée par référendum et un nouveau code électoral, avec la participation de « toutes les forces vives de la Nation ».
La Charte de transition mise en place par les militaires interdit aux membres du gouvernement provisoire de se présenter aux prochaines élections, alors qu’elle n’exclut pas explicitement que le général Oligui puisse alors briguer la présidence.
Mais le Premier ministre pense « qu’il ne serait pas bon que les militaires se présentent, pour qu’ils soient des arbitres impartiaux et objectifs de l’élection ».
Le 30 août, l’armée a renversé Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 14 ans, quelques instants après qu’il a été proclamé réélu au terme d’une élection jugée frauduleuse par les militaires et l’opposition.
Les militaires, qui jouissent du soutien d’une très grande majorité de la population et de l’opposition, assurent avoir agi pour « préserver des vies humaines » après une élection frauduleuse et pour mettre fin à la « mauvaise gouvernance » et la « corruption », dont ils accusent le clan Bongo.
Le gouvernement de M. Ndong comprend d’anciens ministres du président déchu, des membres de l’ex-opposition et des personnalités de la société civile auparavant hostiles à M. Bongo et sa famille, selon l’AFP.
Joe Kashama

