L’ancien président du Sénégal Macky Sall ne craint pas d’éventuelles poursuites judiciaires après le rapport invalidant les chiffres officiels sous son règne sur la dette et le déficit budgétaire.
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, l’ancien président sénégalais est sorti du silence. Il inscrit totalement en faux contre ces allégations, qui selon lui, sont de falsifications.
« C’est un procédé politique. Nous avons toujours travaillé en toute transparence avec l’ensemble des partenaires. Chaque année, la Cour des comptes a certifié les comptes financiers de l’État du Sénégal. C’est trop facile de revenir après et de dire que tout cela était faux. Tout cela est ridicule », a-t-il dit.
Pour Macky Sall, aucun membre de son gouvernement n’a été consulté ni impliqué en vue de l’élaboration du rapport de la Cour des Comptes. L’ancien chef de l’État explique qu’il a été informé du niveau d’endettement en même temps que tout le monde, par la bouche du Premier ministre.
« Parfois, le Trésor emprunte pour des opérations de trésorerie courante. Par exemple lorsque l’Agence française de développement, la Banque islamique de développement ou la Banque africaine de développement nous prête de l’argent pour financer le TER (Train express régional, NDLR), nous sommes obligés de demander des crédits relais aux banques locales que nous remboursons une fois le décaissement reçu. Ce sont des opérations normales que gère quotidiennement le ministère des Finances. Le gouvernement n’est en rien impliqué dans ces sujets. Je n’ai peur de rien. Ils peuvent prolonger s’ils veulent », a-t-il répliqué.
Le 13 février, le gouvernement sénégalais a annoncé de possibles poursuites judiciaires contre les auteurs des manquements graves dans un rapport invalidant les chiffres officiels sous Macky Sall. Cette institution renseigne que les faits relatifs sont « présumés constitutifs de fautes de gestion, de gestions de fait ou d’infractions à caractère pénal ». Selon la source, l’ encours de la dette représente 99,67% du PIB.
Il s’agit d’ un taux supérieur au montant annoncé par le régime précédent, selon le rapport. « Le déficit budgétaire recalculé par la Cour pour l’année 2023 est par exemple de 12,3% contre les 4,9% annoncés. La Cour a également pointé une dette bancaire importante contractée hors circuit budgétaire et non retracée dans les comptes de l’Etat », a indiqué le rapport.
Josaphat Mayi

