Ce mercredi 12 mars, l’Union africaine a exprimé sa « grave tristesse » après que les paramilitaires des FSR et leurs alliés ont annoncé la formation d’un gouvernement parallèle au Soudan, évoquant un « énorme risque de partition » du pays ravagé par la guerre civile en cours.
Le Conseil paix et sécurité de l’organisation panafricaine a exprimé dans un communiqué « sa grave préoccupation et sa ferme condamnation des développements récents au Soudan », notamment l’annonce de la formation d’un gouvernement parallèle, prévenant « qu’une telle action comporte un énorme risque de partition du pays ».
Le conflit qui oppose les Forces de soutien rapide (FSR) à l’armée régulière soudanaise depuis près de deux ans a fait des dizaines de milliers de morts, déplacés plus de douze millions de personnes, l’ONU décrivant une « crise humanitaire sans précédent sur le continent africain ».
La guerre, débute par des désaccords sur l’intégration de la FSR dans l’armée, a déchiré le pays, l’armée contrôlant l’est et le nord du Soudan, et la FSR dominant la quasi-totalité de la région occidentale du Darfour et des pans du sud du pays.
La « charte fondatrice » d’un gouvernement parallèle a été signée à huis clos fin février dans la capitale kenyane Nairobi. Dans ce document consulté par l’AFP, les FSR et leurs alliés, plusieurs groupes politiques et militaires dont le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord dirigé par Abdelaziz al-Hilu, pourraient créer un « gouvernement de paix et d’unité » dans les zones du Soudan contrôlées par les rebelles.
Ils s’engagent à « construire un État laïque, démocratique, décentralisé, basé sur la liberté, l’égalité et la justice, sans parti pris culturel, ethnique, religieux ou régional ». Cette même alliance rebelle a ensuite signé début mars, toujours à Nairobi, une « Constitution de transition ».
L’UA a appelé mercredi tous ses Etats membres ainsi que la communauté internationale « à ne reconnaître aucun gouvernement ou entité parallèle visant à partitionner et à gouverner une partie du territoire de la République du Soudan ou de ses institutions ».
L’UA « ne reconnaît pas le prétendu gouvernement ou entité parallèle en République du Soudan », a-t-elle martelé. Le gouvernement parallèle « menace les aspirations démocratiques » des Soudanais, avait de son côté énoncé mardi l’Union européenne dans un communiqué.
AFP/Sahutiafrica

