Jeudi 20 octobre, le procès en appel de 39 militants de l’un des deux principaux partis d’opposition au Cameroun, condamnés à de la prison ferme en première instance a de nouveau été renvoyé au 17 novembre.
Le président du tribunal a annoncé qu’il rendra le verdict de la Cour sur la recevabilité des requêtes d’appel le 17 novembre. « Nous sommes prêts à débattre du fond du dossier », a réagi Me Hippolyte Meli, président d’un collectif de défense des prisonniers politiques du MRC.
« Nous avons produit notre liste de témoins comprenant les noms des membres du gouvernement qui ont organisé cette cabale, y compris des officiers qui ont été mis à contribution avec des actes de torture », a-t-il accusé. Il précise que la défense comptait sur la comparution de ces témoins afin que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé pendant et après l’arrestation des accusés.
Présent au procès depuis son ouverture, M. Kamto, qui assure la défense de ses militants aux côtés des autres avocats, n’a pas encore pris la parole devant la Cour.
Mardi 18 octobre, la défense avait introduit une requête pour exiger le changement de l’équipe des juges, contestant notamment la présence parmi eux d’un militaire, mais la demande a été rejetée par la Cour.
En décembre 2021, 47 militants et cadres du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, rival malheureux du président Paul Biya réélu en 2018 pour un huitième mandat, avaient été condamnés à des peines allant de un à sept ans de prison ferme, notamment pour « rébellio » et tentative d’insurrection ». Parmi eux, figure le trésorier du parti.
Ils avaient été arrêtés il y a deux ans avec des centaines d’autres personnes dans tout le pays alors que leur parti et plusieurs autres organisaient des marches pacifiques contre le régime de M. Biya, 89 ans, au pouvoir sans partage depuis près de 40 ans.
Ali Maliki

