« Je vous ai écoutés. Je prends acte de vos sollicitations pressantes qui me sont parvenues de partout réclamant une nouvelle Constitution », a écrit Faustin-Archange Touadéra, président centrafricain sur sa page Facebook vendredi 12 août. Cette démarche lui permettrait de briguer un troisième mandat présidentiel.
Il affirme que de plus en plus de voix s’élèvent pour modifier la Constitution. « Notamment les aspirations profondes du peuple manifestées à travers des pétitions et marches de soutien à la réforme constitutionnelle », a ajouté le chef d’Etat centrafricain.
Samedi 6 août, plus d’un millier de manifestants s’étaient rassemblés à Bangui, la capitale centrafricaine, pour demander la tenue d’un référendum pour modifier la Constitution, adoptée en 2016 et qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.
Le Mouvement Cœurs Unis (MCU) de M. Touadéra avait tenté en mars, lors d’un dialogue républicain excluant la rébellion et boycotté par l’essentiel de l’opposition, d’introduire un amendement faisant sauter le verrou du plafond de deux mandats et permettant ainsi au président d’en briguer un troisième en 2025.
Le MCU y a finalement renoncé face au tollé provoqué dans la société civile et à la réprobation de la communauté internationale.
Les promoteurs de la réforme constitutionnelle pressent M. Touadéra de la faire adopter par référendum.
M. Touadéra avait été réélu fin décembre 2020 avec 53,16% des suffrages à l’issue d’un scrutin controversé, moins d’un électeur sur trois ayant eu la possibilité d’aller voter en raison de l’insécurité dans un pays en proie à une guerre civile meurtrière depuis 2013.
Lors du scrutin, des groupes armés qui contrôlaient alors deux tiers du pays avaient lancé une offensive pour le renverser, mais le chef de l’État a appelé Moscou à la rescousse. Des centaines de paramilitaires russes ont débarqué en renfort de centaines d’autres déjà présents depuis 2018, et aidé l’armée à repousser les rebelles.
La Rédaction

