En Côte d’Ivoire, des victimes de violences sexuelles sont confrontées à des nombreux obstacles, notamment l’accès difficile à la justice. Mais aussi des règlements à l’amiable, le manque de prise en charge médicale et psychologique. C’est ce qu’a indiqué un rapport de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) publié mardi 8 mars, journée internationale de la femme.
Selon ce rapport, « ces victimes confrontées à plusieurs obstacles et parviennent trop rarement à obtenir justice ». De nombreuses victimes n’ont pas accès au système judiciaire malgré la mise en place de numéros verts dédiés aux victimes de violences basées sur le genre, renseigne la même source.
La FIDH dénonce aussi l’absence de bonnes conditions d’accueil des victimes dans de nombreux commissariats où des policiers exigent un certificat médical souvent coûteux démontrant des traces des violences pour accepter la plainte. Pourtant, une circulaire de 2016 a rendu illégale cette pratique, soutient le rapport de la FIDH.
« La Côte d’Ivoire ne dispose ni de statistiques globales, ni de données qualitatives consolidées fiables sur toutes les formes de violences sexuelles commises dans l’ensemble du pays », a rapporté la FIDH. Cette organisation affirme que « dans la grande majorité, les principaux acteurs des règlements à l’amiable sont les chefs de famille des victimes et des auteurs, les leaders communautaires et les guides religieux ».
« Si la Côte d’Ivoire apparaît comme un État investi dans la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre, il est difficile d’évaluer l’efficacité de sa politique, tant les données relatives aux violences sexuelles semblent être sous-estimées », a ajouté le rapport.
En 2020, près de 822 cas de viol et 152 cas d’agression sexuelle ont été, officiellement, recensés en Côte d’Ivoire. Des chiffres largement sous-estimés, selon la FIDH.
Mervedie Mikanu

