Après une sortie médiatique musclée de Jean-Pierre Bemba, ministre congolais des Transports et proche du président Tshisekedi, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) dénonce des accusations qui sapent la cohésion nationale.
Pour Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, c’est une campagne de discrédit savamment orchestrée. Dans sa mise au point, la Cenco qualifie d’« inepties » les accusations de Jean-Pierre Bemba, regrettant le ton et le contenu de ses interventions récurrentes depuis les élections de 2023.
« Il multiplie des déclarations qui portent atteinte à la réputation de la Cenco et risquent de compromettre le climat de confiance nécessaire à la cohésion nationale et au bien-vivre ensemble, dont le pays a tant besoin », a déclaré Donatien Nshole.
Bien plus, il déplore le silence des institutions face à la gravité de ces propos. D’après lui, la Cenco se réserve le droit de saisir la justice afin de défendre son honneur et de préserver les efforts collectifs pour la paix.
Depuis plusieurs jours, une vive polémique enfle à la suite de l’interview de Jean-Pierre Bemba à Top Congo FM. Le ministre des Transports a accusé la Cenco d’être impliquée dans un présumé complot visant à renverser le régime de Félix Tshisekedi, en collusion avec les opposants Joseph Kabila et Moïse Katumbi.
La Cenco estime pourtant que cette sortie médiatique reflète « une attitude volontairement provocatrice ». Elle considère que les propos de Jean-Pierre Bemba laissent « penser qu’il aurait du mal à accepter l’option pacifique et salutaire adoptée par les institutions de la République et l’ensemble de la nation pour résoudre la crise actuelle ».
Ces tensions verbales interviennent dans un contexte de relance des initiatives pour un dialogue national. Quelques jours plus tôt, Martin Fayulu, opposant historique et candidat malheureux à la présidentielle de 2023, avait rencontré le président Tshisekedi pour soutenir une démarche de la CENCO et de l’ECC en faveur d’un « pacte social pour la paix ».
Réagissant aux propos de Bemba, Prince Epenge, porte-parole de la plateforme Lamuka, n’a pas tardé à exiger des sanctions médiatiques. « Nous demandons au CSAC d’interdire le passage de Bemba dans les médias, pour éviter une guerre civile. Pendant que le peuple appelle à l’unité, à la cohésion et au dialogue, Bemba propage la haine, la peur et le sang », a-t-il lancé.
Ephraïm Kafuti

