L’assassinat à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, de l’artiste engagé Idengo suscite colère et indignation en RDC.
Quelques minutes après ce meurtre à Goma, les réactions affluent. « Ils ont tué Delcat Idengo ! », écrit Carbone Beni, activiste des droits humains, indexant les rebelles du M23-AFC, soutenus par l’armée rwandaise.
Les images du corps sans vie d’Idengo sont devenues virales sur les réseaux sociaux. Il a été abattu par un agent du M23 au lendemain de la sortie de sa chanson, où il dénonce l’activisme du M23, mais aussi la gestion du président Tshisekedi. Dans son texte, il s’est livré à une diatribe, comme dans ses habitudes, contre le gouvernement et les rebelles qu’il qualifie « d’envahisseurs ».
Pour l’opposant Martin Fayulu, leader de la coalition de Lamuka, la nation perd un patriote engagé pour la cohésion nationale. « Qui a assassiné l’artiste musicien Idengo Delcat à Goma, et pour quelles raisons ? », s’est interrogé l’opposant.
Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) affirme que « le destin tragique de Delcat Idengo illustre la double menace qui pèse sur les voix critiques/libres en RDC ». « Pour ses chansons révolutionnaires, Tshisekedi l’a emprisonné, le M23-RDF l’a abattu froidement », a dénoncé la Lucha, appelant à la résistance et à ne pas laisser sa « voix s’éteindre ».
Dans un communiqué, l’organisation Artiste en Danger dénonce un acte ignoble de rebelles du M23, qui vient augmenter le nombre des morts parmi les populations meurtries dans l’est de la RDC.
« Ni l’horreur, ni la terreur, encore moins le recours intempestif aux armes contre les civils innocents ne pourront éteindre la flamme de la résistance à Goma et dans tout le pays. Dans la liste de nos martyrs s’est ajouté aujourd’hui Indico Declat. Lui avait choisi d’utiliser sa voix et son art pour dire NON à la barbarie rwandaise sur notre territoire », a aussi réagi Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, dans un post sur le réseau social X.
Delphin Katembo Vinywasi était connu pour ses critiques envers le président Tshisekedi. En 2021, il a connu un procès et une condamnation à 10 ans de prison ferme pour outrage au chef de l’Etat, démoralisation de l’armée et incitation à la révolte. Après deux années en détention, il a obtenu une liberté provisoire sur décision de Félix Tshisekedi après revendication de la population pendant la campagne électorale. A la prise de Goma par les rebelles du M23 et les troupes rwandaises, Idengo faisait partie des évadés de la prison de Munzenze.
La Rédaction

