« L’Etat congolais doit cesser de primer ceux qui nous font la guerre. Les rebelles M23 sont bercés par le Rwanda et négocier avec eux ne résoudra pas le problème », a déclaré Bienvenu Matumo, membre du mouvement Lutte pour le changement (Lucha), à Sahutiafrica.
Pour lui, le gouvernement n’a pas intérêt à récompenser les auteurs de crimes. « Ce dialogue ne mettra pas fin aux atrocités de l’Est du pays. C’est plutôt la promotion de la justice qui fera l’affaire. Cette justice sera promue lorsque ces brigands seront envoyés en prison », a ajouté M. Matumo.
« La place de ces M23, c’est en prison. C’est suite à leurs atrocités que certains Congolais vivent dans des conditions inhumaines aujourd’hui. Ils passent nuit à la belle étoile et sont séparés de leurs familles », a-t-il dit.
Sa déclaration intervient à la veille du dialogue inter-Congolais organisé par l’Union africaine, la communauté de l’Afrique de l’Est, et la CIRGL, au regard de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, en proie à un cycle d’instabilité depuis deux décennies. L’Union africaine a appelé les parties prenantes à s’engager dans un dialogue constructif.
Prévu à Nairobi du 4 au 13 novembre, ce dialogue va se tenir dans un contexte de nouvelle escalade Kinshasa et Kigali après la reprise de combats entre l’armée congolaise et la rébellion du M23, qui tente d’avancer vers Goma après avoir pris Kiwanja et Rutshuru-Centre. Dans la foulée de la prise de ces deux territoires, Kinshasa a expulsé Vincent Karega, ambassadeur du Rwanda en poste en RDC. Ce qui paraît comme un échec de la médiation angolaise. Mais l’Union africaine encourage le président Joao Lourenço à poursuivre la médiation pour résoudre ce différend.
Pour la RDC, il n’est pas question de négocier avec le M23, qualifié de mouvement terroriste soutenu par le Rwanda. Pourtant, Kigali a toujours nié ces accusations. Et de son côté, il accuse l’armée congolaise de coaliser avec les rebelles rwandais FDLR.
Mervedie Mikanu

