Mercredi 14 février, un groupe d’informaticiens maliens a annoncé avoir réussi à récupérer des données cruciales pour l’organisation des élections détenues par la société française Idemia.
Ces données, qualifiées de « prises en otage » par l’entreprise française, avaient constitué l’un des arguments centraux de la junte au pouvoir pour retarder l’élection présidentielle.
Les informations récupérées par les informaticiens concernent une base de données biométriques essentielle pour le recensement des électeurs, sous la gestion d’Idemia, une entreprise spécialisée dans l’identification et la sécurité numérique.
Des allégations de piratage ont rapidement circulé, laissant entendre que des « hackeurs » auraient réussi à infiltrer les systèmes de l’entreprise française. Toutefois, Idemia, sollicité par l’AFP, n’a ni confirmé ni infirmé ces allégations.
L’entreprise réaffirme l’absence de litige en cours avec les autorités maliennes, soulignant cependant l’absence de cadre contractuel actif avec le ministère malien de l’Administration territoriale et de la Décentralisation en raison de factures impayées.
Le colonel Assimi Goïta a fait part de la mise en place d’un nouveau fichier biométrique, géré par Bamako et nommé Mali Kura Biométrie, lors d’une annonce faite mardi.
En 2022, une organisation de la société civile malienne avait engagé des poursuites contre Jean-Yves le Drian, ancien chef de la diplomatie française, l’accusant d’implication présumée dans l’attribution du marché de fabrication des passeports biométriques maliens à la société Oberthur Technologies, aujourd’hui intégrée à Idemia.
La rupture de l’alliance avec la France par les militaires au pouvoir pour se tourner vers la Russie a marqué un tournant politique et militaire majeur au Mali.
Ben Tshokuta

