Alors que Bamako accuse l’armée algérienne d’avoir abattu un de ses drones, Alger rejette ces accusations et ferme son espace aérien aux vols en provenance du Mali.
Le ton est monté d’un cran entre l’Algérie et le Mali lundi dans la soirée. Tout part d’un drone de l’armée malienne abattu à la frontière commune entre les deux Etats. Ce qui a provoqué l’ire de Bamako, pointant Alger du doigt et dénonçant un « acte d’agression inédit ».
« La distance entre le point de rupture de liaison avec l’appareil et le lieu de localisation de l’épave est de 441 mètres. Ces deux points sont tous situés sur le territoire national. L’aéronef est tombé à la verticale, ce qui, probablement, ne peut s’expliquer que par une action hostile provoquée par des tirs de missiles Sol-Air ou Air-Air », a dénoncé Bamako.
Mais la réaction algérienne n’a pas tardé. Alger a, dans un communiqué, balayé ces accusations d’un revers de la main, les qualifiant de « graves ». Il affirme que les données radars de son ministère de la Défense « établissent clairement la violation de l’espace aérien de l’Algérie » par un drone de reconnaissance venu du Mali.
« Les allégations mensongères venant de Bamako ne dissimulent que très imparfaitement la recherche d’exutoires et dérivatifs à l’échec manifeste (d’)un projet putschiste qui a enfermé le Mali dans une spirale d’insécurité, instabilité, désolation et dénuement », a rapporté un communiqué d’Alger.
Dans la foulée, le ministère algérien de la Défense a annoncé la fermeture de l’espace aérien algérien à tous les avions ou aéronefs, en provenance ou à destination du Mali. Une décision qui inclut aussi les vols commerciaux Alger-Bamako. Le Mali réplique et ferme aussi son espace aérien à son voisin algérien. D’après le ministère malien des Transports, « tous les aéronefs civils et militaires en partance ou à destination de l’Algérie sont interdits de survoler l’espace aérien malien jusqu’à nouvel ordre ».
La tension monte. Depuis la fin de l’accord de paix de 2015 et la reprise des hostilités à Kidal, repris par l’armée malienne, les relations entre Alger et Bamako ne sont plus restées les mêmes. Dans un communiqué commun, les trois pays du collège des chefs de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs en Algérie pour consultation. Une position que regrette Alger. Toutefois, les relations entre les deux pays deviennent orageuses dans un contexte marqué par une normalisation de liens entre Paris et Alger.
Josaphat Mayi

