Après deux manifestations massives ayant réclamé le départ du siège du gouvernement d’unité nationale (GNU), reconnu par l’ONU en raison de combats meurtriers dans la capitale il y a une douzaine de jours, des centaines de personnes se sont rassemblées à Tripoli, pour lui apporter leur soutien.
Un bon nombre de manifestants ont été transportés en autocars jusqu’au centre de Tripoli en provenance de villes voisines comme Misrata (200 km à l’est) ou Aziziya (50 km au sud-ouest). Sur place, elles ont scandé « Non aux milices! Oui au pouvoir de la loi et de l’État». «Il faut dissoudre les milices. », ont scandé les manifestants dont certains brandissaient des banderoles appelant aux élections.
Les manifestants ont réclamé le rétablissement de la Constitution, instaurée à l’indépendance du pays en 1951. Mais, jusque-là, supprimée au lendemain du coup d’État de Kadhafi en 1969. Ils ont également appelé à éliminer la Force Radaa. Il s’agit d’un groupe armé qui contrôle l’est de Tripoli, l’aéroport et plusieurs prisons, dont le Premier ministre a annoncé la dissolution la semaine passée.
En fait, du 12 au 15 mai, des affrontements ont opposé plusieurs groupes armés dont Radaa aux forces loyales au gouvernement après le démantèlement décidé de «toutes les milices». Ils contrôlent la ville, devenues, selon plus puissantes que l’État. Selon l’ONU, des combats à l’arme lourde ont fait au moins huit morts jusqu’à une trêve jeudi dernier.
Vendredi soir pour la deuxième semaine de suite, une manifestation massive a réuni environ un millier de manifestants au centre de Tripoli. C’était pour exiger le départ de Abdelhamid Dbeibah et la dissolution du GNU et d’autres institutions dont le Parlement basé dans l’est et le Haut conseil d’Etat, sorte de Sénat, basé à Tripoli.
Pays riche en pétrole, la Libye peine à retrouver la stabilité depuis le soulèvement de 2011 qui a mis fin à 42 ans de la dictature de Mouammar Kadhafi. Depuis, deux gouvernements s’y disputent le pouvoir. Il s’agit du GNU installé à Tripoli (ouest), dirigé par Abdelhamid Dbeibah, l’autre à Benghazi (est), soutenu par le puissant maréchal Khalifa Haftar.
Si une commission, élue au suffrage universel et chargée de rédiger une Constitution, avait soumis en juillet 2017 un texte au Parlement, devant faire l’objet d’un référendum, des élections présidentielles et parlementaires devaient se tenir en décembre 2021. Mais, elles ont été reportées sine die en raison des divergences entre les deux camps rivaux.
Josaphat Mayi

