Le Parlement européen, dans son rôle de co-législateur de l’Union européenne, continue d’exhorter la Commission européenne à suspendre tout partenariat bilatéral avec le Rwanda, en particulier l’accord sur les minéraux critiques. Les eurodéputés ont renouvelé leur appui indéfectible au peuple congolais face aux tensions persistantes dans la région des Grands Lacs.
En visite officielle à Kinshasa, une délégation du Parlement européen a plaidé pour la mise en place d’une feuille de route conjointe entre l’Union européenne et la RDC. Elle devrait inclure la participation active de la société civile et viser à accompagner les efforts du pays en matière d’électrification et d’industrialisation. L’approche envisagée repose sur un partenariat éthique, garantissant à la fois la traçabilité des minerais, la préservation de l’environnement, et une redistribution équitable des ressources au profit des populations locales. Cette stratégie vise à promouvoir une paix durable et un développement inclusif.
Au terme de trois jours de mission, les parlementaires européens ont également appelé à la mise en place urgente de couloirs humanitaires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces voies sécurisées permettraient d’acheminer des médicaments, des denrées alimentaires et d’autres biens de première nécessité aux civils pris au piège des violences armées. Ils ont par ailleurs lancé un appel pressant à la cessation immédiate des hostilités dans une région en proie à une instabilité chronique.
Les eurodéputés ont condamné avec fermeté les graves violations des droits humains, notamment le recours à la violence sexuelle comme arme de guerre, qui touche de manière disproportionnée les femmes, les filles et les enfants à l’Est du pays. Ils ont invité les signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba à reprendre sans délai les négociations, conformément aux engagements pris en 2013. La délégation a salué le travail de la société civile congolaise, et en particulier celui de la Fondation Panzi, engagée pour la justice et la réparation des victimes de violences sexuelles.
Durant leur séjour, les parlementaires ont eu des entretiens avec plusieurs personnalités de haut rang, dont le président Félix Tshisekedi, les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, la ministre des Affaires étrangères, le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, ainsi que les ministres en charge des Mines, des Affaires sociales et humanitaires, et de la Communication, Patrick Muyaya.
Cette initiative diplomatique s’inscrit dans un contexte de renforcement de la présence congolaise sur la scène internationale, marqué par l’élection de la RDC à la vice-présidence de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue pour s’ouvrir le 9 septembre 2025, selon une annonce du ministère congolais des Affaires étrangères.
Ephraïm Kafuti

