Marée humaine, scènes de liesse, chants et ovations. Mercredi 28 septembre, Abdoulaye Maïga, Premier ministre malien par intérim, s’est offert un bain de foule à son retour de Bamako, capitale malienne, après son discours à la 77e Assemblée générale des Nations unies.
Debout sur sa jeep 4×4 décapotée, brandissant une photo du colonel Assimi Goïta, chef de la junte malienne. Puis serre ses mains en signe de remerciement, alors que son cortège roule à pas de tortue. Le colonel Abdoulaye Maïga, habillé en boubou blanc, est escorté par des dizaines de personnes mobilisées pour l’accueillir.
« Nous sommes des exécutants. Recevoir un tel accueil après avoir exécuté une telle mission, on ne s’y attendait pas. Nous avons fait notre devoir. En toute honnêteté, (cet accueil, ndlr) c’est trop d’honneur à ma modeste personne », a dit le Premier ministre devant un parterre de journaliste.
A la tribune de l’Onu, M. Maïga a été auteur d’un discours qui a suscité polémique et indignation au Niger et en Côte d’Ivoire. Certains qualifie cette allocution de dépourvue du respect du protocole diplomatique. Mais ce discours semble être apprécié à Bamako, où un groupe de militaires dirigés par le colonel Assimi Goïta a mené deux putschs en l’espace de neuf mois.
Samedi 24 septembre, à la tribune des Nations unies, le Premier ministre malien n’a épargné personne : Secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres et la France, mais aussi les présidents ivoirien, nigérien et bissau-guinéen.
En 2021, du haut de cette même tribune, le discours de Choguel Maïga avait brouillé les relations entre la France et le Mali. Cette tension diplomatique a conduit au retrait de la force barkhane du territoire malien. De son côté, Paris accuse la junte malienne d’avoir fait recours à Wagner, groupe de mercenaires russes accusés d’exactions en Centrafrique par les experts onusiens.
Joe Kashama

