Au Mali, une coalition d’opposants s’est alarmée de l’enlèvement de Yeri Bocoum, activiste, qui a filmé une manifestation à Bamako, par des hommes non identifiés, selon un communiqué de Synergie publié mercredi 12 juin.
Dans le texte, la Synergie dénonce une chasse aux sorcières visant les organisateurs. Elle assure que l’activiste Yeri Bocoum a été enlevé par des hommes non identifiés après avoir diffusé des images du rassemblement.
Mise en place mi-février, la coalition Synergie d’action pour le Mali, formée de trente partis et formations d’opposition, avait appelé ses sympathisants à manifester le 7 juin contre les coupures d’électricité qui plombent l’économie du pays. Mais elle n’a rassemblé qu’un petit groupe de personnes.
En mars, la junte a interdit les activités de Synergie d’action pour le Mali à Bamako. Elle a invoqué des menaces de troubles à l’ordre public.
Depuis, les expressions d’opposition sont devenues exceptionnelles sous la junte, étouffées par les injonctions à l’unité nationale et les mesures répressives.
Le Mali, dirigé par le colonel Assimi Goïta après deux putsch, est plongé, depuis 2012, dans une crise sécuritaire et politique profonde nourrie par la menace djihadiste, les violences des groupes armés et les revendications indépendantistes au nord.
Plusieurs dissidents ont été enlevés et maintenus au secret plusieurs jours au moins avant d’être présentés à la justice ou éventuellement relâchés.
Josaphat Mayi

