Au Nigeria, la police met en garde contre les manifestations de protestation contre la mauvaise gouvernance et la crise du coût de la vie.
Kayode Egbetokun, inspecteur général de la police, indique que les manifestations sont déconseillées. D’après lui, certains groupes de personnes, des croisés autoproclamés et des influenceurs, ont élaboré des stratégies et mobilisé des manifestants potentiels, pour déclencher la terreur dans le pays sous couvert de reproduire les récentes manifestations au Kenya.
Les jeunes utilisent les plateformes X et Instagram pour appeler à des manifestations pacifiques à partir du 1er août prochain. Cette annonce est intervenue après sa rencontre avec des officiers supérieurs à Abuja.
« Nous ne resterons donc pas les bras croisés à regarder des activités violentes déchaîner la violence sur nos communautés pacifiques ou détruire à nouveau l’une quelconque de nos infrastructures et de nos biens nationaux essentiels », a déclaré Kayode Egbetokun.
Depuis une génération, le Nigeria est aux prises avec ses pires difficultés économiques. Ces crises sont marquées par une flambée des prix après la surpression des certaines subventions sur l’essence et l’électricité. Ces mesures ont fortement dévalué le naira.
Une situation qui pousse forcément les jeunes à manifester contre le pouvoir en place avec comme thème « mettre fin à la mauvaise gouvernance au Nigeria ». Ces manifestants cherchent à forcer le gouvernement à annuler les hausses des prix de l’essence, de l’électricité, à offrir une éducation gratuite, à déclarer l’état d’urgence face à l’inflation et à divulguer les salaires de députés.
Mardi, les députés ont adopté un projet de loi visant à doubler le salaire minimum à 70 000 nairas, soit 44,16 Usd par mois, mettant fin à des mois de querelles entre le gouvernement et les syndicats. M. Egbetokun affirme que les manifestations pacifiques sont autorisées par la loi, mais l’action prévue a pour but de semer le trouble.
La dernière grande manifestation avait eu lieu en octobre 2020. Elle avait été réprimée dans le sang. Les manifestants l’ont imputé aux soldats et à la police. Mais ces derniers ont nié avoir utilisé des balles réelles.
Josaphat Mayi

