A Madagascar, le premier tour de la présidentielle, censée avoir lieu le 9 novembre, a été reporté d’une semaine par la Haute Cour constitutionnelle suite à la blessure d’Andry Raobelina, un des candidats de l’opposition.
Dans cette décision publiée sur son site internet, la Haute Cour maintient le second tour au 20 décembre. La campagne électorale, qui a déjà débuté, est prolongée d’une semaine.
A l’approche des élections, le climat politique est tendu dans la grande île de l’océan Indien. En fait, Andry Raibelina a été blessé au visage par un éclat de grenade lacrymogène lors d’une manifestation de l’opposition à Antananarivo le 2 octobre. Les manifestants ont été réprimés par les forces de l’ordre. Blessé, M. Raobelina est actuellement soigné sur l’île voisine Maurice. Mais, il avait déposé une demande de report du scrutin pour « cas de force majeur ».
Dans un premier temps, sa requête a été rejetée. La justice a estimé que l’opposant s’était « délibérément exposé à un risque certain, car un risque de blessures lors des opérations de dispersions des manifestations par les éléments des forces de l’ordre était prévisible ». Mais la Haute Cour Constitutionnelle a jugé bon de reporter la présidentielle et a mis en avant « la liberté, la sincérité du vote et l’égalité de chance des candidats » comme conditions inconditionnelles pour des élections « justes, transparentes et apaisées ».
Le président Andry Rajoelina, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, doit affronter treize challengers à la présidentielle. En septembre dernier, M. Rajoelina a cessé d’exercer le pouvoir, comme prévu par la Constitution en période électorale. Le président du Sénat, qui devait assurer l’intérim, a toutefois invoqué des « raisons personnelles » et laissé les rênes à un « gouvernement collégial » mené par Christian Ntsay, Premier ministre et proche du président malgache.
Cette semaine, le président du Sénat a annoncé revenir sur sa décision et avoir fait l’objet de « pressions » pour se retirer. Ce jeudi, le président du Sénat a été destitué lors d’une session extraordinaire du Sénat.
Entre-temps, l’opposition a dénoncé une machination du pouvoir pour favoriser Andry Rajoelina, 49 ans, candidat à sa propre succession. La majorité de candidats de l’opposition, rassemblés dans une alliance de convenance baptisée le « collectif des onze », ont appelé quasi quotidiennement à manifester depuis le début du mois. Mais ces rassemblements ont été empêchés par les forces de l’ordre faisant usage de gaz lacrymogènes.
La Rédaction

