Mardi 26 juillet, Raila Odinga, candidat soutenu par le président sortant Uhuru Kenyatta, n’a pas participé au débat présidentiel. Son principal rival, le vice-président William Ruto, qui s’en moque, dit que son adversaire manque un agenda politique à vendre. Cette absence de M. Odinga au débat, peut-elle avoir de l’influence sur son électorat ?
« Sa non-participation dans ce challenge électoral peut causer des doutes auprès de ceux qui voulaient voter pour lui. Mais le mieux serait d’attendre le jour du scrutin, car il y a des sympathisants qui ne se fient pas au débat présidentiel », explique à Sahutiafrica Bobby Mkangi, analyste politique kényan.
Pour l’analyste, certaines personnes pourront donner raison à Ruto d’avoir traité Raila de lâche pour avoir esquivé ce challenge.
« Beaucoup émettent l’hypothèse que Raila Odinga est un politicien si compétent et expérimenté depuis longtemps qu’il lui était devenu facile d’arriver lors de ce challenge. Ses partisans fidèles sont tributaires à travers ce débat. Mais les nouveaux sympathisants penseront à ne pas voter pour lui ou à choisir l’un de deux candidats, qui ont participé au débat électoral », dit-il.
David Waihiga Mwaure, un autre candidat à la présidentielle, est aussi apparu en solo au premier niveau du débat. George Waluchiri Wajackoyah a évité le débat, invoquant un traitement injuste par les médias locaux.
Figure de proue de la politique kényane, Raila Odinga justifie son absence par le fait que M. Ruto n’aurait aucun respect pour l’éthique, la morale publique ou la honte. Il a exigé que le débat ne se concentrer pas sur la corruption, l’intégrité, l’éthique et la gouvernance.
A-t-il pris une bonne démarche en esquivant ce débat ?
« Raila Odinga est un politicien avec une longue expérience appartenant au passé et a participé au débat lors de ces anciens débats présidentiels. Et les raisons qu’il a évoquées sont des sujets qu’il pouvait parler lors de ce challenge. Parce que le débat présidentiel est devenu une culture politique au Kenya. Sa non-participation a donné une mauvaise image pour un politique de son rang », explique l’analyste Bobby Mkangi.
Il pense que M. Odinga pouvait au moins expliquer ses intentions et ambitions aux Kényans à travers ce débat électoral. « Les débats présidentiels sont très utiles pour valider et invalider des positions en plus de déplacer et d’influencer les perceptions. Cela a été une occasion unique pour Raila Odinga de présenter ses dernières observations à un public captif autour de ses priorités », conclut M. Mkangi.
Au Kenya, les élections présidentielle, législatives et locales sont prévues le 9 août prochain. Et ces scrutins sont scrutés de près dans ce pays d’Afrique de l’Est, où les élections ont, à plusieurs reprises, donné lieu à des violences post-électorales.
Ali Maliki

