Alors que la campagne électorale est dans sa dernière ligne droite, la tension monte à l’approche du scrutin présidentiel, prévu le 20 décembre.
Le climat politique se crispe à une semaine du vote. Si le président Tshsisekedi, candidat à sa propre succession, poursuit sa tournée dans l’espace grand Kasaï, les candidats de l’opposition accusent le pouvoir d’obstruer leur campagne.
A Moanda dans la province du Kongo Central, ouest de la RDC, la campagne de Moïse Katumbi a été émaillé des incidents mardi 12 décembre. C’est pour la deuxième après les incidents de Kindu qui avaient fait un mort. Des images qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrent plusieurs centaines de personnes, dispersées à coups de gaz lacrymogène, en débandade, mais aussi un membre de la garde rapprochée de M. Katumbi avec un visage ensanglanté dans une voiture.
Pour les proches de Moïse Katumbi, il s’agit « d’une tentative d’assassinat » contre leur leader. Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de Moïse Katumbi, dénonce ces incidents qu’il « qualifie de manifestation d’un Etat voyou ». Mais selon un communiqué de Guy Bandu, gouverneur du Kongo Central, les membres de la garde rapprochée de Moïse Katumbi auraient fait usage de leurs armes à feu pour des tirs de sommation lors de ces échauffourées.
C’est ce qui est à la base de cette vive tension, estime le gouvernement provincial. « Les éléments de la police, quant eux, ont agi de manière professionnelle, en faisant usage de gaz lacrymogène afin de rétablir l’ordre public. Il s’en est suivi une bousculade parmi les personnes présentes au meeting », rapporte le communiqué.
Dans la foule, une enquête a été ouverte pour établir les responsabilités. Moïse Katumbi, qui devait se rendre à Kananga, dans l’espace grand Kasaï, a suspendu sa campagne. Félix Tshisekedi est aussi annoncé dans cette ville ce mercredi.
Entre-temps, Martin Fayulu, qui séjourne dans l’ex-grand Equateur, a accusé le gouvernement de l’empêcher de battre campagne, en réquisitionnant tous les stocks de kérosènes dans les aéroports. Mais, les autorités ont rejeté cette accusation. Le gouvernement a aussi refusé la demande de Martin Fayulu d’organiser son meeting de fin de campagne au stade des Martyrs.
Si cette figure voyante de l’opposition qualifie les motifs de ce refus de fallacieux, François Kabulo, ministre congolais des Sports, justifie cette décision. « Nous avons des problèmes de tacheté, des robinets, des toilettes qui sont complètement bouchées, de protection de la pelouse. Tous les Congolais ont droit à ce stade s’il est disponible. Ça ne sert à rien de créer une polémique inutile. Il y a suffisamment d’espaces disponibles à Kinshasa, un leader qui tient à son meeting ne peut pas manquer une place », a expliqué M. Kabulo. Dans la foulée, ce meeting a été délocalisé au terrain Saint-Thérèse.
Jusque-là, la campagne électorale s’est déroulée normalement. Mais, le climat devient de plus en plus tendu avant le rendez-vous des urnes.
Trésor Mutombo

