En Tunisie, le président Kaïs Saïed entend briguer un second mandat lors de la présidentielle prévue en octobre prochain.
Dans une vidéo publiée sur la page Facebook de la présidence, le chef de l’État tunisien a annoncé sa candidature pour la prochaine présidentielle. Dans son discours, il déclare que sa candidature vise à poursuivre la lutte de libération nationale.
Élu en 2019 au second tour avec 72,7 % des suffrages exprimés, face à l’homme d’affaires Nabil Karoui, M. Saïd a dissous le Parlement en 2021. Depuis, il a commencé à gouverner par décret. Une mesure que l’opposition a qualifiée de coup d’État.
Mais l’ancien juriste tunisien avait déclaré que ses mesures étaient légales et nécessaires pour mettre fin à des années de corruption endémique au sein de l’élite politique. Les partis d’opposition, dont de nombreux dirigeants sont en prison, affirment que le gouvernement en place exerce des pressions sur la justice pour réprimer ses rivaux lors des élections de 2024 et lui ouvrir la voie à un second mandat.
Selon l’opposition, des élections justes et crédibles ne peuvent avoir lieu que si les hommes politiques emprisonnés sont libérés, mais aussi si les médias sont autorisés à faire leur travail sans pression du gouvernement.
En Tunisie, le bras de fer continue entre le pouvoir en place et l’opposition. La candidature de M. Saïed a été annoncée le même jour, où un tribunal a condamné le leader de l’opposition Lotfi Mraihi, candidat potentiel à l’élection présidentielle, à huit mois de prison pour achat de voix.
Le tribunal de la place a interdit au chef du Parti de l’union républicaine et l’un des plus éminents détracteurs du président de se présenter aux élections présidentielles à vie.
Josaphat Mayi

