Les représentants religieux de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) sont attendus le 14 février à Bruxelles, en Belgique, où ils vont échanger avec des ténors de l’opposition, selon Africa Intelligence.
Depuis quelques jours, une délégation de la CENCO-ECC, composée notamment de Mgr Fulgence Muteba, de l’abbé Donatien Nshole et du pasteur Éric Nsenga mène un « pacte social pour la paix dans les Grands Lacs ». Au nom de ce projet, les pères des églises prônent pour un dialogue national. En Belgique, ils vont rencontrer des responsables de plusieurs formations politiques.
Des sources évoquent notamment les rencontres avec Moïse Katumbi, président du parti Ensemble pour la République et candidat malheureux lors de la dernière présidentielle, Claudel Lubaya, ancien député national qui s’est exilé, et Raymond Tshibanda, représentant du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, ancien chef de l’Etat devenu opposant.
Sans doute, les discussions pour un dialogue national s’annoncent houleuses. Selon Africa Intelligence, les différentes composantes disent être ouvertes à un dialogue large. Toutefois, elles posent des préalables et estiment que le président Tshisekedi devra être tenu pour responsable de la dégradation de la situation sécuritaire de l’est de la RDC, où les combats intenses se sont installés dans le Sud-Kivu après la prise de Goma par les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise.
Pour certaines figures de l’opposition, le départ de Félix Tshisekedi est indispensable pour trouver une issue à la crise. D’autres, par contre, prônent une décrispation politique avec l’abandon du projet controversé de la révision constitutionnelle qui fait bondir l’opposition.
Mercredi 12 février, lors de la rencontre avec Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) devenu chef rebelle, Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco, a parlé d’une démarche pour la paix dans l’est de la RDC. Même si les images de princes de l’église aux côtés de Corneille Nangaa ont suscité plusieurs réactions. Les autorités ne se sont pas encore prononcées à ce sujet. Même si Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a affirmé que les chefs religieux n’ont reçu « aucun mandat » pour mener cette démarche.
« Nous demeurons dans notre démarche pastorale. Nous sommes convaincus de ce que nous voulons faire et nous savons que la majorité des Congolais ne souhaite que la paix le plus vite possible. Nous sommes convaincus que l’implication de tout le monde, y compris de ceux que nous sommes venus rencontrer ici, est nécessaire pour sortir de cette situation », a indiqué Donatien Nshole après cette rencontre.
Jusque-là, le président Tshisekedi reste de son mutisme, se refusant de négocier avec les rebelles du M23. Même si les chefs religieux avaient souligné la nécessité d’inclure le M23-AFC. Quelques jours plus tard, l’Union sacrée, coalition au pouvoir, s’est opposée à la démarche de la Cenco-ECC.
Après la prise de Goma, les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise, continuent de gagner du terrain dans le Sud-Kivu, s’emparant de Kalehe-Centre, selon des sources sécuritaires. Ce jeudi, la radio onusienne rapporte que la prise de Kahele-Centre a été confirmée par des sources proches de la troisième zone de défense.
Elles renseignent que les rebelles ont fait sauter les verrous de l’armée congolaise à Ihusi au terme de violents combats. Ils ont duré 48 heures dans cette zone qui est le siège des bureaux administratifs du territoire. Mais l’armée congolaise a annoncé avoir mis en place d’importantes mesures pour stopper l’avancée du M23-AFC dans le Sud-Kivu. Elle assure que « Kavumu ne tombera pas, car toutes les dispositions sont prises pour contrer efficacement l’ennemi soutenu par le Rwanda ».
Josaphat Mayi

