Ce mercredi 12 février, la délégation de l’église catholique et de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) a rencontré les responsables de la rébellion du M23-AFC, soutenue par le Rwanda.
L’image de l’arrivée de pères de l’église font le tour de réseaux sociaux. Ils sont à Goma, où ils sont reçus par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) devenu chef rebelle à la tête de l’Alliance du fleuve Congo (AFC).
Jusque-là, Kinshasa qualifie cette rébellion de mouvement terroriste que Kigali soutient. Le gouvernement congolais refuse de négocier avec les rebelles, qui ont pris la ville de Goma avec l’appui de l’armée rwandaise.
A Kinshasa, la démarche initiée par la Cenco et l’ECC ne semble pas faire l’unanimité. La veille de cette rencontre avec les rebelles du M23-AFC, le camp présidentiel a rejeté cette démarche. Pour l’UDPS, parti présidentiel, c’est une initiative « narquoise de certains acteurs religieux, dont les diverses prises de positions n’ont jamais caché leur antipathie à l’endroit des institutions de la République ».
D’après cette formation politique, l’idée de cette démarche tend à organiser des négociations politiques en dehors de processus de Luanda et de Nairobi. Pourtant, la délégation de la Cenco-ECC s’est lancé dans la manœuvre pour un dialogue national.
Il y a une semaine, elle a été reçue par le président Tshisekedi lui présentant son projet de sortie de crise appelé « Pacte social pour la paix ». Après, ils ont échangé avec les opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga. Les pères de l’église ont aussi annoncé une rencontre avec Joseph Kabila, ancien chef de l’Etat devenu opposant. Objectif déclaré ? Mettre les acteurs politiques autour d’une table pour renforcer l’unité nationale.
Pendant ce temps, les armes continuent de résonner dans l’est de la RDC, où les combats se sont installés dans le Sud-Kivu. Malgré un appel régional pour un cessez-le-feu, les armes sont loin de se taire. Selon des sources onusiennes, les affrontements lors de la prise de Goma par les rebelles du M23 ont fait près de 3000 morts et des milliers de blessés.
Par ailleurs, la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC avec la résurgence du M23 a brouillé les relations diplomatiques entre Kinshasa et Kigali. Le Rwanda a toujours nié son soutien aux rebelles, même si le rapport des Nations unies l’atteste. Les autorités congolaises ont interdit tous les aéronefs immatriculés au Rwanda ou immatriculés ailleurs, mais basés au Rwanda de survoler l’espace aérien congolais, en raison de la guerre d’agression.
La Rédaction

