Alors que Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, se dirigeait vers la salle d’audience, la Cour de cassation a reporté le verdict de son procès pour un présumé détournement de fonds publics au 1ᵉʳ septembre, en raison de contraintes organisationnelles.
« Dans les cinq jours, nous reviendrons pour que l’on prononce l’arrêt pour ou contre notre client », a déclaré un des avocats de Constant Mutamba. Et pourtant, le décor semblait être planté à la salle Marcel Lihau, où des forces de l’ordre, munies de matériels anti-émeutes, sont déployées, à l’entrée. Ce jour devait, surtout, être chargée d’émotion pour Constant Mutamba, avocat de formation, après avoir affirmé que « c’est le procès de sa vie » dans une interview à Jeune Afrique.
« Bolingo na ngai na Constant eza ya mbongo te (mon amour pour Constant n’est pas motivé par l’argent) », scandent les sympathisants, qui escortaient Constant Mutamba à la Cour de cassation. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent certains sur des motos, alors que d’autres sont à pied. Puis, l’atmosphère devient tendue. Un accrochage a éclaté entre les sympathisants de Constant Mutamba et les éléments de la police au niveau du camp Luano, dans l’ouest de Kinshasa, selon l’Agence congolaise de presse (ACP).
« Tout est parti de la dispersion par la police des partisans de M. Mutamba qui l’accompagnaient à la Cour de cassation où sera prononcé le verdict de son procès. À l’ordre de la police, les partisans ont répondu par des jets de pierres, ce qui a créé un désordre », a confié un des témoins, cité par la même source.
Constant Mutamba est inculpé pour un présumé détournement de 19 millions Usd alloués à la construction d’une prison à Kisangani, dans le nord-est de la RDC. Depuis que cette affaire fait grand bruit à Kinshasa, l’ancien ministre de la Justice clame son innocence. Il dénonce, à cor et à cri, un complot visant à briser sa carrière politique.
Le Ministère public a, lors de la dernière audience, requis une peine de 10 ans de prison contre l’ancien ministre de la Justice, relevant plusieurs éléments qui soutiennent son réquisitoire. Il a évoqué notamment le recours à la procédure de gré à gré au lieu de la passation des marchés publics, la conclusion du marché des constructions avec la société Zion construct qui n’a pas d’existence juridique, le virement de l’argent sur le compte de cette société au mépris de ces règles de procédure et l’exécution du marché sans avoir l’avis de son non-objection.
Mais, Constant Mutamba a rejeté ces accusations, se vantant d’avoir « rendu de bons et loyaux services au pays à la tête du ministère de la Justice ». Juste après l’audience, M. Mutamba, accompagné par ses sympathisants, a organisé une série de veillées devant sa résidence à Kinshasa. Ses avocats ne cessent d’arguer que le Ministère public n’a pas produit des preuves pouvant conduire à la condamnation de leur client. Constant Mutamba va-t-il être condamné ou non ? Pour l’heure, son escorte, en direction de la Cour de cassation, doit rebrousser chemin.
Trésor Mutombo

