Alors que la question d’une révision constitutionnelle fait polémique en RDC, Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) craint une « démarche dangereuse qui risque de déstabiliser le pays ».
D’après lui, les évêques découragent ce projet de changer la constitution dans le contexte actuel. « Je crois que le débat sur ce sujet n’a pas commencé aujourd’hui. Il a commencé il y a plus ou moins 10 ans. Pour les mêmes raisons que ceux qui sont au pouvoir actuellement ont refusé que le président honoraire touche à la constitution, la situation comme telle n’a pas évolué », a déclaré Mgr Donatien Nshole au micro de la radio onusienne. Il peint une situation sociale préoccupante avec des grèves, notamment celle des enseignants sans une solution pour l’avenir.
« Ce projet de changement de constitution, qui a fait des morts, ne passera pas sans un bras de fer social. Ce sera un front en plus dans un pays qui est déjà fragilisé, particulièrement dans l’est du pays. Je pense que les évêques ont raison de demander vraiment de bien réfléchir, parce que si cette question n’est pas bien traitée, cela va déstabiliser le pays », a-t-il ajouté, appelant le président Tshisekedi « à ne pas écouter ses collaborateurs, qui ne voient pas plus loin que leurs ventres, leurs familles et leur pouvoir ». « C’est lui qui assumera la responsabilité de ce qui arrivera », a dit Mgr Nshole.
En RDC, la question divise la classe politique. Lors d’un meeting à Kisangani le 23 octobre dernier, le président Tshisekedi a exprimé son intention de vouloir une révision de la constitution, arguant que l’actuelle n’est pas adaptée aux réalités congolaises. L’opposition s’y oppose et parle d’une ligne rouge à ne pas franchir.
La Rédaction

