« Soit on nous laisse manifester et le pays sera en paix, soit il faudra tous nous arrêter », a déclaré Ousmane Sonko, principal opposant sénégalais, à la presse mardi 7 juin.
Yewwi Askan Wi, coalition d’opposition, attend une autorisation de la manifestation prévue ce mercredi. Mais M. Sonko affirme être déterminé à braver « en masse » une éventuelle interdiction de manifester.
« Nous appelons les Sénégalais à sortir en masse », a-t-il déclaré. « Il y a des choses qu’on ne peut plus admettre. On se permet de piétiner la Constitution et de mettre le pays en insécurité », a lâché l’opposant.
Ces derniers jours, Yewwi Askan Wi dénonce une tentative de la part du président Mack Sall de l’écarter des élections sous couvert de moyens légaux. Pour les autorités, dans la liste de l’opposition, une candidate est inéligible. Elles reprochent à cette candidate de figurer par inadvertance à la fois parmi les titulaires et les suppléants.
Le Conseil constitutionnel a aussi invalidé une liste de la majorité présidentielle parce qu’elle manquait aux règles de parité hommes-femmes. Mais il s’agit d’une liste de suppléants et non de titulaires.
Yewwi Askan Wi avait annoncé ce rassemblement contre le pouvoir avant la décision du Conseil constitutionnel de confirmer le rejet de la liste sur laquelle figurent M. Sonko et d’autres personnalités d’opposition pour les élections législatives du 31 juillet.
Cette invalidation revient à écarter M. Sonko de la course. Mais le préfet de Dakar n’avait pas autorisé la tenue d’une manifestation de l’opposition initialement prévue pour le 3 juin, avant que ne soit connue la décision du Conseil constitutionnel. Au Sénégal, les législatives visent à renouveler les 165 députés de l’Assemblée nationale, largement dominée par la coalition présidentielle.
Candidat sérieux à la présidentielle de 2024, Ousmane Sonko est inculpé pour viols présumés. En mars 2021, son interpellation a provoqué plusieurs jours d’émettes, causant une douzaine de morts. Et plusieurs blessés.
La Rédaction

