Lundi 29 mai, des anciens présidents et Premiers ministres somaliens, ont déploré l’institution du suffrage universel direct aux élections à partir de 2024, comme annoncé par les autorités.
Ils estiment qu’aucune consultation approfondie n’a été menée au préalable pour en arriver là. Ces anciens responsables s’opposent également au changement de la forme du pouvoir, vers un régime présidentiel.
Ils affirment que « certaines nouvelles dispositions sont en violation des lois du pays et de l’accord de partage du pouvoir, comme un nouveau calendrier électoral et le fait que seuls deux partis seraient autorisés à concourir aux scrutins nationaux ».
S’ils ont salué les efforts déployés pour amener le pays au niveau d’une personne, une voix et d’un système multipartite. Ils pensent tout de même que « prendre une telle décision d’intérêt national sans la pleine représentation de tous les États membres fédéraux mettra en péril l’unité du peuple ».
« Apporter des changements au mécanisme de partage du pouvoir et au système de gouvernance du pays sans consultation approfondie, sans consulter la population, conduira à l’effondrement, à la défiance et à la désintégration de la société », ajoutent-ils.
Ce groupe, constitué de huit anciennes hautes personnalités, rejette le nouveau calendrier électoral qui prévoit notamment des élections aux parlements et à la présidence des États fédérés le 30 novembre 2024. Pour eux, ceci « entraînerait une extension de fait des mandats de certains présidents prévus pour arriver à échéance avant cette date ».
Opposés aussi au fait que seuls deux partis soient prévus pour participer aux élections nationales, ils craignent que le pouvoir reste « confiné à un petit groupe de personnes ». Ils ont ainsi appelé les deux chambres du parlement qui doivent entériner ces nouvelles dispositions, « à protéger le pays de toute tentative qui ne serait pas dans l’intérêt du pays et du processus de construction de l’État ».
Ces annonces interviennent après qu’un accord a été trouvé entre le gouvernement et les présidents de quatre États fédérés, lors d’une réunion du Forum national consultatif. En l’absence du président de l’État du Puntland, Saïd Abdullahi Deni.
L’introduction récente du suffrage universel direct comme mode de vote en Somalie a été saluée de toutes parts à l’international. Depuis plus d’une cinquantaine d’années, les élections se déroulaient selon un complexe processus indirect basé sur les clans structurant la société somalienne. Ce système est la cause de plusieurs tensions dans le pays.
Dinho Kazadi

