En Somalie, les relations entre le président et le Premier ministre sont tendues. Ce jeudi 7 avril, Mohamed Hussein Roble, Premier ministre somalien, a expulsé le représentant de l’Union africaine (UA). Le président Mohamed Abdullahi Mohamed s’y oppose. Un nouveau bras de fer au sommet dans ce pays africain confronté à la menace djihadiste et en attente de la présidentielle depuis plus d’un an.
Si pour Hussein Roble, Francisco Madeira, représentant de l’UA, est « personne non grata », le président Farmajo pense le contraire. Dans un communiqué, le bureau du Premier ministre somalien, accuse le représentant de l’UA de se livrer à des actes incompatibles avec son statut et doit quitter la Somalie dans les 48 heures sans donner le détail sur les motivations de cette décision.
Pas question pour le président somalien. La réaction de M. Abdullahi, qui rappelle être le gardien de la souveraineté du pays, ne s’est pas fait attendre. Selon un communiqué de la présidence, « le président n’a reçu aucune plainte sur une ingérence dans sa souveraineté et n’approuve aucune action illégale contre l’ambassadeur Francisco Madeira ».
D’après cette source, « le président Mohamed Abdullahi Mohamed a chargé le ministre des Affaires étrangères de transmettre les excuses du gouvernement fédéral à l’UA pour la décision illégitime et imprudente d’un service non autorisé à le faire ».
Ces derniers mois, le président et son Premier ministre se sont livrés à de bras de fer public. Fin 2021, le président somalien avait suspendu les pouvoirs de M. Roble. « Une résolution rapide de ce différend sera difficile, car il n’y a quasiment aucune place pour le compromis dans aucun des deux camps », a commenté Omar Mahmood, analyste à l’International Crisis Group, cité par l’AFP.
Pour l’analyste, « ce nouveau bras de fer montre que le gouvernement est toujours profondément divisé et l’absence de consensus empêche d’avancer sur à peu près tout, y compris les élections ».
En février dernier, le mandat du président Farmajo est arrivé à terme sans qu’il soit parvenu à organiser un examen. Depuis le processus peine à avancer. Ce qui attise des conflits au sommet de l’exécutif et entre le gouvernement central et certains États fédéraux. Entre-temps, la Somalie fait aussi face aux attaques de djihadistes shebab affiliés à Al-Qaïda. Récemment, ils ont mené une attaque sur l’aéroport de Mogadiscio, capitale somalienne, qui a fait trois morts et plusieurs blessés.
Trésor Mutombo

