Exclu du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), parti au pouvoir, Reik Machar, vice-président sud-soudanais, rejette cette décision prise sous la direction du président Salva Kiir.
Il conteste à ses adversaires la légitimité de l’exclure d’une formation politique auquel il appartient depuis sa création au moment de lutte pour l’indépendance du Soudan du Sud, devenu indépendant en 2011. Le SPLMA/AIO, camp de Machar, a, dans un communiqué publié lundi soir, rappelé « qu’aucune faction ne peut pas exclure du parti au pouvoir un membre des autres factions ».
La faction dirigée par le président Salva Kiir justifie cette décision. Pour Kuol Atem, secrétaire aux affaires politique, à la mobilisation et à l’organisation du SPLM, « c’est impossible d’être membre du SPLM et être également président d’un autre parti appelé SPLM-IO ».
Sans doute, la décision d’exclure Reik Machar passe mal. Cette nouvelle querelle risque de fragiliser le processus de paix, alors que ce jeune pays africain n’a pas encore soldé le débat sur les élections censées se tenir en décembre.
Au Soudan du Sud, le président et son vice-président, qui ont combattu contre Khartoum pour faire sécession du Soudan, tentent de se neutraliser. Les tensions entre Salva Kiir et Riek Machar ont souvent donné lieu à des affrontements sanglants. Et, ce malgré de nombreuses promesses de respecter le processus de paix. En 2013, une guerre civile entre les camps de ces deux hommes ont fait près de 400.000 morts.
En avril dernier, les deux camps rivaux s’étaient mis d’accord sur la création d’un commandement unifié des forces armées. Mais cette exclusion du Reik Machar semble jeter de nouveau l’huile sur le feu. Et risque de plonger le Soudan du Sud, en proie à l’instabilité depuis à ascension à l’indépendance, dans une nouvelle crise. Vers un nouveau bras de fer au sommet de l’Etat ?
Trésor Mutombo

