Promu maréchal lors d’une cérémonie samedi 21 décembre, le général Mahamat Idriss Déby Itno obtient les mêmes galons qu’Idriss Déby, son père et prédécesseur à la présidence.
Le président tchadien a reçu une cape, un sabre et des bâtons. Tels sont les attributs de maréchal. Une succession du père au fils. La résolution, approuvée par 160 voix contre 2 avec 6 abstentions, justifie cette promotion par « les services rendus à la nation et les nombreuses victoires militaires remportées à l’intérieur et à l’extérieur du pays ».
Cette promotion rappelle celle de son père en 2020, suite à une offensive victorieuse contre Boko Haram. Le général Mahamat Idriss Déby, lui-même militaire expérimenté, a dirigé une offensive de l’armée tchadienne contre Boko Haram en octobre dernier. Cette opération, qui a duré quinze jours, a mis en avant son rôle actif sur les réseaux sociaux.
Et pourtant, cette offensive a été suivie par un guet-apens ayant coûté la vie à une quinzaine de militaires tchadiens, dont des officiers haut-gradés. Jusque-là, les autorités sont restées dans un mutisme qui suscite des questions.
L’ascension de Mahamat Idriss Déby Itno, arrivé au pouvoir en 2021 après la mort de son père, est marquée par la controverse. Même s’il a remporté la dernière présidentielle dès le premier tour avec plus de 60% des voix. Sa victoire a été contestée par l’opposant Succès Masra, qui a dénoncé un hold-up électoral. Sa promotion au rang de maréchal intervient dans un contexte de retrait progressif des forces françaises du Tchad.
Une première unité de 120 soldats français a quitté le pays vendredi dernier, dix jours après le départ des Mirage 2000. Malgré ce retrait, Mahamat Idriss Déby Itno a affirmé maintenir les accords militaires conclus avec la France depuis la fin de la colonisation, tout en dénonçant certains aspects jugés « obsolètes ».
Ephraïm Kafuti

