«Ça aurait été mieux de porter le président de l’Assemblée nationale à la tête du pays. Là au moins, les rebelles auraient la décence de vouloir prendre part à un dialogue pour organiser une transition. Maintenant, on va dire qu’avec le fils, le père est toujours là. Les conflits vont continuer. C’est ce que je crains. Il est vraiment à redouter une guerre et un vrai chaos. Je ne le souhaite pas. Mais il se pourrait qu’on soit dans un tel scénario», confie Alfred Ramadji, analyste politique tchadien à Sahuti Africa ce mardi 20 avril.
Au Tchad, le président Idriss Déby Itno est décédé ce mardi 20 avril. C’est juste après sa victoire à la présidentielle dès le premier tour. Un conseil militaire dirigé par Mahamat Idriss Déby, son fils, prend le pouvoir. Le conseil militaire va présider la transition durant dix-huit mois. Les frontières du pays sont fermées. L’Assemblée nationale et le gouvernement ont été dissouts.
D’après la Constitution tchadienne, le président de l’Assemblée devait succéder à Idriss Déby. Quel sera l’enjeu politique après la mort du président tchadien ?
«Très clairement, c’est un coup d’État militaire parce qu’on a marché sur les institutions pour mettre un comité militaire de transition qui est dirigé par le fils du président Idriss Déby», a-t-il déclaré.
«Nous ne sommes pas dans un régime démocratique. Je vous ai dit qu’avec leur soi-disant 4e République, on n’a perdu l’État de droit. Voilà où nous sommes. Si on était dans un État de droit, le président de l’Assemblée nationale allait remplacer le président Idriss Déby parce qu’on n’a pas de Sénat. Le président de l’Assemblée nationale devrait assurer une transition. C’est clairement défini dans la Constitution. Vous vous rendez compte qu’il n’y a pas d’État de droit. Il y a une centralité militaire au sein des institutions de la République. J’observe que c’est maintenant qu’il va avoir la guerre parce que je ne suis pas sûr que la classe politique, la société civile et les rebelles admettent le fait que le fils du président Déby puisse être à la tête du pays», a dit l’analyste.
Trésor Mutombo

