Après le retrait de l’Angola, le Togo pourrait prendre la médiation entre Kinshasa et Kigali, plongés dans une profonde brouille sur fond de l’activisme du M23 dans l’est de la RDC.
Le bureau de l’Assemblée de l’Union africaine soutient la candidature du chef de l’Etat togolais. Lors d’une réunion virtuelle de l’organisation panafricaine, cette proposition a été présentée à João Lourenço, président de l’UA. Si Faure Gnassingbé assure être favorable à prendre le flambeau de la médiation, il attend tout de même l’approbation de l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA.
Pour l’heure, Kinshasa n’a fait aucun commentaire après cette annonce. Lomé peut-il réussir où Luanda a échoué ? C’est la question que tout le monde se pose. Depuis la résurgence de la rébellion du M23, qui occupe les deux principales villes de la région du Kivu, la RDC et le Rwanda s’accusent mutuellement de velléités de déstabilisation. Et surtout, ils se sont lancés dans un dialogue de sourds sous la médiation angolaise.
Toutefois, le président Gnassingbé en sait quelque chose de la médiation en Afrique. En fait, il a joué un rôle important dans la crise entre la Côte d’Ivoire et le Mali sur l’affaire des 49 soldats ivoiriens arrêtés à Bamako, qui a fait grand bruit en 2023. Sans doute une expérience qui lui donne le profil idéal. Même si la situation dans la région des Grands Lacs peut paraître complexe avec l’intervention de plusieurs autres acteurs internationaux.
Lors de la réunion virtuelle, le président Lourenço a rappelé la gravité de la situation humanitaire dans l’est de la RDC et l’impact régional du conflit, saluant les avancées récentes. Il s’agit notamment de la convergence des processus de paix de Nairobi et de Luanda, désormais confiés à des facilitateurs africains mandatés par la SADC et l’EAC.
Sur le front, il s’observe une relative accalmie. La semaine dernière, les rebelles du M23 se sont retirés à Walikale-centre, alors que les discussions entre le M23-AFC et Kinshasa sont en cours à Doha sous la médiation du Qatar. Bien avant, Doha avait réuni les présidents Tshisekedi et Paul Kagame pour un tête-à-tête qui avait pris tout le monde à contre-pied.
La Rédaction

