« Les assaillants auraient pu me parler avant ces événements sanglants qui ont fait plusieurs blessés graves et des morts », a déclaré Umaro Sissoco Embalo, président bissau-guinéen à la télévision nationale mardi 1er février. C’est après qu’il ait échappé à une tentative de coup d’état où des tirs à balles réelles ont retenti pendant des heures aux alentours du palais présidentiel. Mais il soupçonne de personnes impliquées dans le trafic de drogue dans le pays.
M. Embalo affirme qu’un groupe d’hommes armés a tenté de l’assassiner. « C’était un acte bien préparé et organisé. Je suis un militaire et un rassembleur qui veut redresser la Guinée-Bissau. Notre pays a été martyrisé par des années d’instabilité et de mauvaise gestion », a-t-il dit.
Il y a quelques jours, le président Umaro Sissoco Embalo a procédé à un remaniement du gouvernement. Ce dernier a été contesté par le parti de son Premier ministre dans un premier temps, avant d’être finalement accepté. Les relations entre le chef de l’Etat et son Premier ministre étaient tendues, ces derniers mois. Des tensions qui ont culminé fin 2021 avec l’affaire d’un Airbus A340, que le gouvernement avait retenu à l’aéroport de Bissau, alors que l’avion, en provenance de Gambie, avait atterri avec l’autorisation présidentielle.
Depuis son indépendance du Portugal en 1974 après une longue guerre de libération, la Guinée-Bissau a connu quatre putschs, dont le dernier en 2012 ainsi que de nombreuses tentatives de coup d’Etat. Depuis 2014, le pays semble engagé vers un retour à l’ordre constitutionnel.
Ali Maliki

