La polémique, des accusations de dérive dictatoriale et l’appel au boycott de l’opposition. En Tunisie, le projet de la nouvelle Constitution continue de diviser, alors que les Tunisiens sont appelés aux urnes le 25 juillet prochain pour le référendum.
La campagne pour le référendum a, depuis dimanche 10 juillet, débuté. Mais l’opposition appelle au boycott de ce référendum et accuse le président Kais Saied de vouloir s’octroyer le pouvoir de nommer le Premier ministre et les ministres, mais également de les révoquer à sa guise.
L’UGTT, principale centrale syndicale du pays, déplore l’absence de consultation avant l’adoption du projet de Constitution. Selon Sadok Belaïd, président de la commission chargée pour la rédaction de la nouvelle Constitution, ce texte devrait être le fruit d’un travail collectif d’experts de l’Instance nationale consultative.
« Mais le président Saïed semble ne pas voir les choses de cette façon. Et, a proposé à ses concitoyens un texte qui semble tout droit sorti de son stylo », dit-il.
« La commission se démarque totalement du projet proposé par le président. Le texte émis par la présidence de la République porte atteinte à l’identité de la Tunisie et ouvre la voie à une dictature, en attribuant tout le pouvoir au président de la République », a déclaré Sadok Belaïd.
Une faction de Tunisiens dénonce un texte taillé sur mesure. D’autres, par contre, le soutienne. Entre-temps, la Tunisie est plongée dans une crise depuis un an. Tout a commencé il y a un an lorsque le président Saied a limogé son Premier ministre et gelé les activités du Parlement, finalement dissous en mars dernier. Si l’opposition maintient la pression, le chef de l’Etat est déterminé à faire adopter la nouvelle Constitution.
François Kitoko

