Après des agressions et des manifestations hostiles visant des ressortissants d’Afrique subsaharienne, des centaines d’ivoiriens et Maliens, souhaitant fuir la Tunisie regagnent leurs pays d’origine ce samedi 4 mars, selon des sources officielles.
Il s’agit des premiers vols de rapatriement en Côte d’Ivoire et au Mali depuis le discours le 21 février du président Kaïs Saïed, qui avait annoncé des mesures urgentes contre l’immigration clandestine en provenance d’Afrique subsaharienne.
« Un départ sur Air Côte d’Ivoire est prévu samedi à 07H00 du matin (06H00 GMT) avec 145 passagers à bord », a déclaré Ibrahim Sy Savané, ambassadeur ivoirien à Tunis, à l’AFP.
Entre-temps, l’ambassade du Mali à Tunisie indique qu’un avion pouvant transporter 150 personnes avait été affrété sur ordre du chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goita. L’avion quittera Tunis à 08h00 samedi (07h00 GMT).
Un grand nombre des 21.000 migrants originaires de pays d’Afrique subsaharienne recensés officiellement en Tunisie, pour la plupart en situation irrégulière, ont perdu du jour au lendemain leur travail (généralement informel) et leur logement. D’autres ont été arrêtés pour des contrôles policiers et certains ont témoigné d’agressions physiques.
Selon Ange Séri Soka, responsable d’une association de ressortissants ivoiriens en Tunisie, rentré à Abidjan cette semaine, la Tunisie est devenue une prison à ciel ouvert pour les migrants d’Afrique subsaharienne.
« La question de la carte de séjour bloque tout. Il était quasiment impossible pour les travailleurs migrants d’obtenir ce sésame en Tunisie. Sans carte de séjour, vous ne pouvez pas aller au poste de police si vous êtes agressé, vous travaillez au noir et cela encourage les abus de pouvoir », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.
Mardi 21 février, les autorités tunisiennes ont traqué les migrants subsahariens en situation irrégulière. Dans un communiqué de la présidence, Kaïs Saied a estimé que leur présence dans le pays était source de violence, de crimes et d’actes inacceptables. Ces propos ont provoqué des consternations.
Vendredi, à proximité de l’ambassade de Tunisie à Paris, plusieurs dizaines de personnes, notamment des ressortissants de pays ouest-africains, ont manifesté pour dénoncer le racisme en Tunisie.
Mervedie Mikanu

