Ce lundi 7 février, la ville de Kinshasa, capitale de la RDC, est calme. Les gens vaquent librement à leurs occupations. Et pourtant, l’information sur l’interpellation samedi 5 février, François Beya, conseiller du président congolais Félix Tshisekedi en matière de sécurité, a enflammé les réseaux sociaux. François Beya est interpellé et auditionné à l’Agence nationale de renseignement (ANR). Jusque-là, les raisons de son interpellation restent inconnues. Mais certaines sources auraient évoqué une tentative de coup d’État manqué.
François Beya est auditionné par les services de renseignements depuis le week-end dernier. Une source sécuritaire citée par l’AFP confie que « M. Beya serait soupçonné d’avoir voulu tenter quelque chose en l’absence du chef de l’État dont la nature sera déterminée après son audition ».
Dans un tweet, Me Georges Kampiamba, coordonnateur de l’Association congolaise d’accès à la justice (Acaj), précise que « le conseiller était soupçonné d’avoir participé à des réunions mettant en cause la sécurité de l’État ».
Il rapporte tout de même que « les plus hauts responsables de ce service nous ont rassuré que toute la procédure a été conduite dans le strict respect des droits humains ».
Samedi soir, la nouvelle a enflammé les réseaux sociaux. Et a semblé créer une psychose. Le président Félix Tshisekedi, qui a passé le témoin à son homologue sénégalais Macky Sall à la tête de l’Union africaine (UA), a regagné Kinshasa dans la nuit de samedi à dimanche. Mais l’entourage rassure que le retour du président Tshisekedi au pays n’a pas été précipité. Tout était conforme au programme initial.
Selon l’AFP, aucune disposition sécuritaire particulière n’a été vue à l’aéroport international de Ndjili, au siège de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), au bureau du chef de l’État (Palais de la nation) ou encore à sa résidence de la cité de l’Union africaine, des sites considérés comme stratégiques.
Au lendemain de la rumeur sur un prétendu putsch, des militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), parti présidentiel, ont bloqué une partie d’une grande artère dans la ville de Kinshasa. D’après la police, des véhicules de particuliers ont été caillassés. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes s’opposent à toute prise du pouvoir par coup d’Etat.
François Beya, Ancien chef de la Direction générale de migration (DGM) sous le régime de l’ex-président Joseph Kabila (2001-2019), a été nommé Conseiller spécial en matière de sécurité par le président Félix Tshisekedi en 2019. Il est resté à ce poste en dépit de la rupture fin 2020 entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur, après deux ans d’une cogestion conflictuelle du pays.
La Rédaction/AFP

