En Guinée, la junte au pouvoir maintient l’interdiction des manifestations publiques jusqu’à la période de la campagne électorale. Cette annonce a été faite dans un communiqué lu à la chaîne nationale mardi 31 mai.
Les autorités disent ne voir aucune raison de rétablir le droit de manifester, faisant fi d’un récent appel des Nations unies et des protestations des partis politiques et de la société civile. « Aucune marche ne sera autorisée aussi longtemps que les garanties d’encadrement ne seront pas réunies », rapporte le communiqué de la junte au pouvoir.
D’après la même source, rien ne saurait justifier les marches en cette période sensible de la vie nationale où les Guinéens ont (recommencé) à se parler en frères.
La junte a fait valoir que le pays a connu sous la présidence Condé un très grand nombre de manifestations qui ont fait selon elle des centaines de morts. Depuis son accession au pouvoir, elle dit avoir mis en place des organes permettant le dialogue.
« Les contradictions et les incompréhensions peuvent être débattues en toute sérénité au sein de ces organes », assure-t-elle.
Mais cette décision est boudée par le Front national pour la défense de la Constitution. Cette structure appelle les Guinéens « à se mobiliser pour la reprise imminente des manifestations citoyennes et pacifiques pour empêcher la confiscation du pouvoir (par la junte) et exiger un retour rapide à l’ordre constitutionnel ».
Le 13 mai dernier, la junte, qui a renversé le président Alpha Condé le 5 septembre 2021, a proclamé l’interdiction « jusqu’aux périodes de la campagne électorale de toute manifestation sur la voie publique de nature à compromettre la quiétude sociale et l’exécution correcte des activités » pendant la période de la transition.
La Rédaction

