Crise de 2010-2011 en Côte d’Ivoire : une cinquantaine de corps de victimes remis à leurs familles

Mercredi 08 mars, une cinquantaine de corps de victimes des violences de la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011 ont été remis à leurs familles dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, une étape du processus de « réconciliation nationale » initié par le président Alassane Ouattara.

« Aujourd’hui, nous sommes venus panser définitivement nos blessures, nos plaies et tourner la page de la guerre pour suivre la voie de la paix et de la réconciliation », a déclaré le ministre de la Réconciliation nationale, Kouadio Konan Bertin lors d’une cérémonie à Blolequin (ouest).

En 2010, la victoire à la présidentielle d’Alassane Ouattara, contestée par le sortant Laurent Gbagbo avait débouché sur plusieurs mois de violences qui avaient fait 3.000 morts dans les deux camps.

A Bloléquin, dans la région du Cavally, 12 corps exhumés en 2015 pour les besoins de la justice ont été identifiés et restitués aux familles.

Dix familles sur les douze conviées étaient présentes.

En tout, 47 corps ont été remis à leurs proches (qui ont aussi reçu un dédommagement de l’Etat de près de 2.200 euros) dans cette région particulièrement meurtrie par la crise, 6 à Guiglo et 29 à Toulepleu, où le ministre s’est également rendu.

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« Notre justice (…) a permis de voir toute la vérité et de situer les responsabilités », a assuré ce dernier.

Trois ONG de défense des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire ont salué « une avancée importante ».

Les ONG -la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (LIDHO), la Confédération des organisations des victimes des crises ivoiriennes (COVICI) et le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH)- ont toutefois déploré « qu’aucune des victimes de Guiglo, Bloléquin ou Toulepleu, n’a obtenu justice pour les crimes subis pendant la crise ».

Elles pointent l’amnistie présidentielle accordée le 6 août 2018, « qui a eu pour effet d’annuler tous les efforts de justice entrepris jusque-là ».

A l’époque, Alassane Ouattara avait signé une ordonnance d’amnistie pour quelque 800 personnes, dont l’ancienne Première dame Simone Gbagbo, condamnés ou poursuivis pour des infractions en lien avec la crise post-électorale.

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En novembre 2018, certaines de ces organisations avaient déposé un recours devant le Conseil d’Etat.

Les ONG ajoutent que « beaucoup de corps exhumés n’ont pas encore été identifiés » et plusieurs centaines de corps de plusieurs fosses communes connues de tous n’ont toujours pas fait l’objet d’exhumation ».

Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi avait annoncé en novembre la restitution de tous les corps et les dédommagements des familles endeuillées avant fin 2022, pour encourager la réconciliation nationale.

Le retour en Côte d’Ivoire de M. Gbagbo en juin 2021 et de son ancien bras droit Charles Blé Goudé en novembre 2022, tous deux acquittés de crimes contre l’humanité lors de la crise de 2010-2011, par la justice internationale, ont également participé à la décrispation du climat politique du pays.

AFP/Sahutiafrica

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