Alors que le pays est à quatre mois des élections, Human Rights Watch dénonce la répression et les intimidations auxquels l’opposition politique fait face, dans un contexte de tensions politiques accrues en RDC.
Dans un communiqué publié mardi, cette organisation déplore de vague d’arrestation et de restrictions des libertés fondamentales. D’après HRW, les autorités de la RDC ont pris pour cible des dirigeants de partis politiques.
Cité par l’ONG, le bureau des droits humains des Nations unies en RDC évoque des enlèvements et des menaces ciblant l’opposition, des discours de haine et d’incitation à la violence, ainsi qu’un usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques.
Pour sa part, l’organisation de défense de la presse Journalistes en danger (JED), citée également dans le communiqué, s’alarme de la montée de la violence physique à l’égard des journalistes et des militants de partis politiques.
La plupart des incidents rapportés dans ce document concernent le parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, poids-lourd de la politique congolaise, qui est devenu un des principaux opposants au régime du président Félix Tshisekedi.
Limitation de mouvements, répression violente de manifestations, arrestations, perquisitions avec violences, destruction de biens, les chercheurs de HRW Watch disent avoir de sérieuses inquiétudes quant aux efforts politiquement motivés pour intimider l’opposition.
Le 30 mai, le premier conseiller de M. Katumbi, Salomon Kalonda, a été arrêté à Kinshasa par des agents du renseignement militaire et est détenu jusqu’à ce jour. Les charges retenues contre lui ont changé à plusieurs reprises depuis son arrestation.
Le 13 juillet, Chérubin Okende, porte-parole d’Ensemble pour la République, a été retrouvé mort, criblé de balles dans son véhicule, au bord d’une route dans la capitale. Cet ancien ministre des Transports de Felix Tshisekedi a rallié Moïse Katumbi et l’opposition fin 2022. Son assassinat, jusqu’alors non élucidé, a provoqué l’émoi à travers le pays.
En réponse aux critiques sur la répression violente d’une manifestation, Peter Kazadi, le récemment nommé ministre de l’Intérieur, s’en est pris aux journalistes internationaux et à la communauté internationale lors d’une conférence de presse le 24 mai.
L’actuel ministre de l’Intérieur les accuse de fragiliser l’Etat en distribuant des bons points, ce qui selon lui pousse les dirigeants congolais à adapter leur politique pour ne pas être transférés devant la Cour pénale internationale.
Mervedi Mikanu

