Centrafrique : «…aujourd’hui, notre pays est une dictature avec un pouvoir illégitime» (Jean-François Akandji-Kombé)

En Centrafrique, le professeur Jean-François Akandji-Kombé, président du Conseil de résistance et de transition (CRT), accuse le président Faustin-Archange Touadéra d’avoir « perpétré un coup d’Etat constitutionnel » après la promulgation de la nouvelle Constitution controversée.

« Aujourd’hui, notre pays est une dictature à la tête duquel se trouve un pouvoir illégitime pour avoir perpétré le coup d’Etat constitutionnel. L’outil de cette dictature, c’est la répression et la violence. Il y a des disparitions quotidiennes en Centrafrique, de menace de mort qui pèsent sur les leaders politique et de la société civile centrafricaine. La preuve en est que pratiquement, tous sont à l’extérieur du pays », confie le professeur Akandji-Kombé à Sahutiafrica.

Le président Faustin Archange Touadéra a promulgué la nouvelle Constitution le mercredi 30 août dernier. C’était après la validation de l’écrasante victoire du « Oui », 95%, par la Cour constitutionnelle. La Constitution remet le compteur à zéro pour la limitation de mandat présidentiel.

«Nous allons nous battre»

Le chef de l’Etat centrafricain, élu en 2016 et réélu en 2020, pourrait briguer un troisième mandat. Selon ce texte, le mandat présidentiel passe de 5 à 7 ans. Sans restriction. L’opposant n’entend pas faiblir la pression. « Nous voulons le bien de notre pays et le bonheur de nos compatriotes. Donc, nous allons nous battre », déclare M. Akandji-Kombé.

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Lundi 25 septembre, les leaders de l’opposition, réunis à Paris, ont eu une séance de travail à l’issue de la laquelle, ils disent ne pas reconnaître cette Constitution. Le professeur Jean-François Akanji-Kombé accuse le président Touadéra d’avoir « confisqué le pouvoir », « d’instrumentaliser la justice ». « Lorsque je parle de la Constitution, je ne parle pas d’un texte. Je parle de quelque chose qui est sorti du cœur gisant et meurtri du Centrafricain en 2015. Ça s’appelait le forum de Bangui », dit-il.

«Respect de la volonté du peuple» 

D’après lui, les articles 28 et 29 de la Constitution de 2016 sont clairs. Ils prévoient, poursuit-il, que « le président, qui commet ce que Touadéra a commis, à déclarer la guerre au peuple centrafricain ».

« L’article 29 dit que les citoyens doivent se réunir pour faire échec à cette autorité illégitime. C’est la raison de notre combat. Nous combattons pour que la volonté du peuple centrafricain soit respectée. Pour que ce pays redevienne un pays pour ses propres habitants. Les terres de Centrafrique, aujourd’hui, ont été bradées à qui veut le prendre et au soutien du pouvoir Touadéra », déclare ce professeur de droit public à Paris.

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La nouvelle Constitution prévoit aussi une réforme profonde de la Cour constitutionnelle, mais aussi pour concourir à la prochaine élection présidentielle, il faudra d’ailleurs n’avoir que la nationalité centrafricaine. La bi-nationalité sera interdite par l’article 10, sauf exception législative.

Le 30 juillet dernier, des Centrafricains étaient appelés à choisir entre « Oui ou Non » pour le projet de la nouvelle Constitution. Mais l’opposition, qui a appelé au boycott du référendum, a accusé le président Touadéra de changer la Constitution pour « s’éterniser au pouvoir ».

« Les thuriféraires du pouvoir peuvent raconter ce qu’ils veulent. Ils peuvent nous inventer la vie, mais nous avons les yeux. Les Centrafricains sont des êtres de chair et de sang. Ils voient ce qui se passe. Ils le sentent dans leurs chaires », se convainc le leader du CRT.

Trésor Mutombo

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