Ce mardi 3 octobre, des centaines de partisans de l’opposition au Ghana ont manifesté dans les rues d’Accra, capitale du Ghana, pour dénoncer une inflation « galopante et un chômage de masse ».
D’après eux, ce sont les politiques du gouvernement et de la Banque centrale. « Nous traversons une période difficile au Ghana. Les gens ne peuvent pas payer les frais de scolarité de leurs enfants. Les membres de mon église viennent me voir tous les jours pour me demander de l’argent, nous avons voté pour une vie meilleure et non pour les pires conditions », a déclaré à l’AFP le révérend Kingsley Asante, un pasteur participant au rassemblement.
Habillés en noir et rouge, les manifestants ont brandi des pancartes, dénonçant la gestion du gouvernement du Ghana qui traverse l’une de ses pires crises économiques depuis des années.
« Arrêtez d’imprimer des billets pour financer le style de vie de Akufo-Addo », pouvait-on lire sur certaines des pancartes de cette manifestation organisée par le principal parti d’opposition, le National Democratic Congress (NDC), qui appelle à la démission du gouverneur de la Banque centrale, Ernest Addison, alors que l’inflation a atteint les 40%.
Cette crise est la plus grave qu’a connu le pays depuis des décennies, a contraint le président Nana Akufo-Addo à revenir sur ses positions passées en se tournant l’année dernière vers le FMI, afin de repousser le spectre d’un défaut de paiement évoqué par certains économistes. Il a ainsi passé un accord avec l’institution financière sur trois milliards Usd.
Grand producteur de cacao et d’or, le Ghana possède également des réserves de gaz et de pétrole, mais la charge de sa dette a explosé, comme dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne, sous l’impact notamment de la pandémie de Covid-19 et du conflit ukrainien.
Au Ghana, lors de la présidentielle de 2024, l’économie sera l’un des thèmes majeurs qui doit désigner un successeur au président Nana Akufo-Addo, qui se retire après deux mandats comme prévu par la Constitution.
Josaphat Mayi

