Le président Evariste Ndayishimiye a, lors de la cérémonie d’échanges de vœux avec le corps diplomatique et consulaire en poste, accusé le Rwanda de déstabiliser la région des Grands Lacs, instable depuis plus de deux décennies.
« Le Burundi n’a pas non plus été épargné par le terrorisme. Nous avons traversé l’année dans le deuil de nos enfants, nos mamans, nos frères et sœurs victimes d’une attaque terroriste, dont la planification a été préparée de fond en comble dans le pays voisin, le Rwanda », a déclaré le président burundais, revenant sur l’épisode de l’attaque de groupe Red-Tabara qui a fait une vingtaine de morts.
Le président Ndayishimiye affirme sans mâcher ses mots que Kigali recrute « les terroristes dans le camp des réfugiés de Mahama, les entraîne, les entretient et les arme ». « Faisant obstruction des lois internationales en matière de la protection des réfugiés », a déploré le chef de l’Etat du Burundi.
Pour Evariste Ndayishimiye, l’heure est à s’investir pour la stabilité de la région et le retour de la paix dans la partie orientale de la RDC, voisine, en proie à des attaques d’hommes armés et théâtre d’affrontements entre l’armée et les rebelles du M23.
« Nous sommes particulièrement consternés du fait que la région devient un fief des groupes armés et terroristes qui sèment la désolation ; ce qui ne peut en aucun cas nous laisser les bras croisés, d’où notre soutien à la RDC pour en découdre avec tous ces groupes terroristes. Nous sommes intervenus dans le cadre de la force régionale dont le mandat a pris fin à la fin de l’année », a-t-il dit.
Il évoque l’engagement de certains pays de l’EAC qui interviennent dans le cadre de la coopération bilatérale en matière de défense commune. Il s’agit notamment de l’Ouganda et du Burundi.
Les relations diplomatiques entre le Burundi et le Rwanda ont souvent été tumultueuses. Une légère amélioration a été notée après l’arrivée au pouvoir d’Évariste Ndayishimiye en 2020, mais depuis quelque temps, les liens sont à nouveau tendus. Début janvier, le Burundi avait décidé de la fermeture des frontières avec son voisin le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles du groupe RED-Tabara.
Ben Tshokuta

