Jeudi 17 octobre, le Sénat a scellé le sort de Rigathi Gachagua, vice-président, destitué à l’issue d’une procédure historique.
C’est une première au Kenya. A 59 ans, l’ancien allier du président William Ruto devient le premier vice-président écarté du pouvoir dans le cadre d’une procédure de destitution prévue par la Constitution de 2010.
Après l’Assemblée nationale, le Sénat l’a jugé coupable de « violation grave » de la Constitution, notamment de menaces envers les juges et de pratiques politiques de division ethnique. Même si Rigathi Gachagua a été blanchi sur les allégations de corruption et de blanchiment d’argent. Au moment du vote, le vice-président était hospitalisé. Quelques heures avant, ses avocats ont annoncé qu’il était « très malade ».
Pourtant, ses détracteurs l’accusaient d’insubordination et de détournement de fonds. Bien plus, de ne pas avoir soutenu le chef de l’État face aux manifestations qui demandaient sa démission. Depuis, le vice-président est tombé en disgrâce.
Ses relations avec le président William Ruto se sont dégradées considérablement. Le chef de l’Etat est resté silencieux sur l’affaire, mais la motion de destitution a été déposée par un membre de la coalition présidentielle, Kenya Kwanza. Rigathi Gachagua avait dénoncé une procédure visant à l’écarter du pouvoir. Touché, le natif d’Hiriga, situé au pied du plus haut sommet du pays, vient d’être coulé.
Si Kiture Kidiki, ministre de l’Intérieur, a été désigné pour assurer l’intérim, le président Ruto a quatorze jours pour nommer le successeur de Rigathi Gachagua.
La Rédaction

