Alors que les combats se sont installés dans le Sud-Kivu après la prise de Goma par les rebelles du M23, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, prône le dialogue pour faire taire les armes dans l’est de la RDC.
« La communauté internationale tient un double langage. Elle a le moyen de faire avancer la cause de la paix dans cette sous-région, mais elle ne fait pas assez. On n’est pas pour des solutions ou des sanctions. Nous sommes plutôt pour des solutions dialogue, pour qu’on puisse tomber d’accord ensemble sur une voie à suivre », a déclaré le cardinal Fridolin Ambongo lors de son homélie dimanche.
Après la prise de Goma, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, tentent de prendre la ville de Bukavu. Dimanche, des sources sécuritaires ont confié que la journée était calme. La veille, d’intenses combats ont été signalés à une soixantaine de kilomètres de Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu.
Samedi, lors du sommet des dirigeants d’Afrique australe et de l’Est organisé à Dar-es-salam, en Tanzanie, le président kényan William Ruto a appelé à un cessez-le-feu immédiat dans l’est de la RDC. Pour lui, un cessez-le-feu immédiat est le seul moyen de créer les conditions nécessaires à un dialogue constructif et à la mise en œuvre d’un accord de paix global.
Depuis, les armes se sont tues après ce sommet. Les dirigeants de la région ont appelé à l’ouverture de couloirs humanitaires et à la fusion des processus de Nairobi et de Luanda.
« Avec la communauté internationale, c’est aussi une question d’intérêts. Et s’il s’agit de l’exploitation des ressources minières, qu’on se retrouve et ensemble voir comment exploiter ces richesses pour que ça puisse profiter avec celui qui investit et au peuple congolais », a argué Fridolin Ambongo.
Depuis la résurgence de la rébellion du M23, les relations entre Kinshasa et Kigali se sont considérablement dégradées. La RDC accuse le Rwanda de l’agresser, en armant les rebelles. Jusque-là, les pourparlers pour désescalade battent de l’aile, alors que le gouvernement congolais réclame auprès de la communauté internationale des sanctions contre Kigali, lui reprochant son inaction.
Josaphat Mayi

