Alors que les combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 se sont installés à Bukavu après la prise de Goma, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) s’oppose à un dialogue avec le président Rwandais Paul Kagame et ses alliés.
« Honte à vous, traîtres et collaborateurs de tous bords, qui appelez à ce dialogue! De toutes parts, ce dialogue est soutenu par le Président Félix Tshisekedi et son entourage, ainsi que par les rebelles, qui, par la voix de Corneille Nanga, ont promis aux églises de gérer la transition, un résultat de leur soi-disant dialogue. Et tout cela se fait en complicité avec les églises catholiques et protestantes, leurs alliées de longue date », a écrit l’Odep dans un communiqué publié sur le réseau social X.
Pourtant, le cardinal Fridolin Ambongo a prôné le dialogue pour faire taire les armes dans l’est de la RDC.
Pour l’Odep, aucun dialogue ne se tiendra en RDC et tacle les récents propos de Fridolin Ambongo.
Cette organisation déplore que « le cardinal a, par ses propos, dénié la portée du génocide congolais, dont le bilan fait état de plus de 12 millions de morts et de 7 millions de déplacés contraints de survivre avec à peine 150 FC par an et par personne, de millions de femmes violées, sans oublier les milliards de ressources naturelles spoliées ».
« Nous ferons tout pour empêcher cette trahison par tous les moyens possibles. C’est pourquoi je lance un appel à la résistance patriotique, à un sursaut national et à une alliance stratégique entre la société civile résolument engagée, avec notre peuple en révolte, tant en RDC qu’à travers la diaspora, ainsi que notre armée patriotique, qui demeure, jusqu’à ce jour, la première victime de l’agression rwandaise. Ensemble, brisons toutes les fausses divisions qui continuent de nous éloigner et unissons-nous dans cette lutte commune », a lâché l’Odep.
Depuis la résurgence de la rébellion du M23, les relations entre Kinshasa et Kigali se sont considérablement dégradées. La RDC accuse le Rwanda de l’agresser, en armant les rebelles. Jusque-là, les pourparlers pour désescalade battent de l’aile, alors que le gouvernement congolais réclame auprès de la communauté internationale des sanctions contre Kigali, lui reprochant son inaction.
Après la prise de Goma, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, tentent de prendre la ville de Bukavu. Dimanche, d’intenses combats ont été signalés à une soixantaine de kilomètres de Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu.
« Cette alliance représente un défi majeur, mais elle demeure la seule voie viable pour expulser les occupants de notre territoire et concrétiser la riposte tant attendue contre les forces rwandaises, notamment au Nord-Kivu, comme l’a annoncé le Président Félix Tshisekedi. C’est par cette unité stratégique que nous pourrons réaliser pleinement notre engagement à restaurer notre souveraineté et assurer la sécurité de notre peuple », a affirmé l’organisation.
A l’issue du sommet conjoint EAC-SADC organisé en Tanzanie, les dirigeants de deux blocs sous-régionaux ont pris une série d’importantes décisions avec effet immédiat. Il s’agit de décisions qui répondent à l’urgence humanitaire, au besoin pressant d’une désescalade et aux attentes de Kinshasa pour venir en aide aux populations meurtries de Goma, au Nord-Kivu.
Le Sommet a décidé également de la cessation des hostilités et d’un cessez-le-feu immédiat et sans conditions auxquels les partis étatiques et non étatiques sont tenues, la réouverture de l’aéroport de Goma et des principales voies d’approvisionnement terrestres et lacustres permettant l’acheminement de l’aide humanitaire ainsi que le rapatriement des militaires décédés et de l’évacuation des blessés.
Josaphat Mayi

