Le premier président et père de l’indépendance de la Namibie, Sam Nujoma, mort samedi à l’âge de 95 ans, sera enterré le 1er mars près de la capitale Windhoek, dans le carré des Héros, a annoncé vendredi le journal officiel de ce pays d’Afrique australe.
Chef de l’Etat de l’indépendance, qu’il a participé à conquérir en 1990, jusqu’en 2005, Sam Nujoma doit devenir le deuxième président du pays à reposer dans l’un des mausolées de ce mémorial destiné aux héros de la lutte pour la libération. Hage Geingob, ex-président mort en exercice l’année passée, l’y a précédé.
Le 1er mars a par ailleurs été décrété jour férié en l’honneur de « Sam », comme il est affectueusement appelé, et doit marquer la fin de la période de deuil national proscrivant toute compétition sportive et tout rassemblement.
A la tête de la Swapo, mouvement de libération qu’il avait cofondé en 1960, Sam Nujoma avait obtenu en 1990 l’indépendance de son pays vis-à-vis de l’Afrique du Sud, encore sous le régime de l’apartheid et qui avait repris la tutelle du territoire à l’Allemagne à la faveur de la Première guerre mondiale.
Il s’est employé à unifier une population de deux millions d’habitants issue d’une dizaine de groupes ethniques que l’apartheid s’était appliqué à diviser. Le « Vieux », dont la barbe fournie évoquait Fidel Castro, avait quitté le pouvoir à 75 ans en 2005, après avoir fait modifier la Constitution pour s’offrir un troisième mandat de président. Il avait désigné un fidèle comme successeur, restant présent en coulisses.
Né le 12 mai 1929, devenu syndicaliste puis militant indépendantiste, il a été contraint à l’exil en 1960. A la tête de la Swapo, il a lancé la lutte armée en 1966, début d’une guerre d’indépendance ayant fait plus de 20.000 morts.
AFP/Sahutiafrica

