Ce vendredi 28 février, la cour suprême de Namibie a rejeté le recours du principal parti d’opposition candidat aux résultats de l’élection présidentielle qui a porté une femme à la tête du pays à l’issue d’un examen chaotique.
Le 3 décembre, la commission électorale a proclamé la victoire de Netumbo Nandi-Ndaitwah, 72 ans, issue du parti au pouvoir dès le premier tour avec 57,31% des suffrages. Il s’agit de la première femme à être élue présidente dans ce vaste pays d’Afrique australe de trois millions d’habitants, dirigée depuis l’indépendance en 1990 par la Swapo.
L’élection présidentielle et législative du 27 novembre a été prolongée à deux reprises pour des problèmes logistiques et techniques, notamment une pénurie de bulletins de vote.
Le premier jour du contrôle, d’interminables fichiers d’attente ont obligé certains électeurs à renoncer à voter après jusqu’à 12 heures d’attente. Le parti des Patriotes indépendants pour le changement (IPC) reprochait au président Nangolo Mbumba d’avoir outrepassé la Constitution en étendant les opérations de vote pour deux jours dans certaines régions.
M. Nbumba a agi sur le conseil de la commission électorale, et la Cour suprême a conclu que c’était légal, a indiqué son président Peter Shivute, lors de la lecture du résumé de l’arrêt.
« La commission nationale électorale était compétente pour faire des recommandations et le président avait le pouvoir, comme c’est parfois le cas, de permettre à des électeurs qui, sinon, auraient été lésés, de voter les 29 et 30 novembre 2024 », a-t-il dit.
« Cette prolongation n’équivaut pas à de nouvelles dates de scrutin ni à une nouvelle élection. C’est la continuation et le parachèvement du scrutin », a-t-il ajouté.
Le candidat de l’opposition Panduleni Itula, dentiste et avocat de profession, a réalisé un score de 25,5%, selon les résultats définitifs. « Il faut accepter ça et allez de l’avant », a-t-il réagir après la décision de la Cour suprême. « La Namibie ne se développera jamais si on continue à se blâmer mutuellement », a-t-il ajouté.
La Cour est également venue de décider que les coûts du recours seraient partagés par les deux parties. Le signe d’une volonté d’apaisement selon le chercheur Henning Melber pour qui « la priorité a été donnée à la stabilité politique par rapport aux aspects douteux ». « Cela ne va pas éliminer les doutes sur la validité des résultats électoraux. Si les opérations de vote avaient été étendues partout, il y aurait eu beaucoup moins de doutes ».
AFP/Sahutiafrica

