Alors que le climat politique s’est considérablement crispé au Soudan du Sud, le parti SPLM-IO a dénoncé l’arrestation de Riek Machar, vice-président et rival du président Salva Kiir. Une menace pour l’accord de paix de 2018 ?
Sans doute, le Soudan du Sud risque de plonger dans une situation confuse. D’après un communiqué de la formation politique du vice-président, un convoi de véhicules lourdement armés a pénétré de force dans sa résidence à Juba. Cette source renseigne qu’elle a été conduite par le ministre de la Défense et le chef de la sécurité nationale.
« L’arrestation par le président Salva Kiir constitue une tromperie, une rupture de promesse, le non-respect d’un accord, un manque de volonté politique d’apporter la paix et la stabilité dans le pays », a rué dans les brancards le parti de M. Machar.
Pour Oyet Nathaniel, vice-président du Mouvement de libération du peuple du Soudan-IO (SPLM-IO), l’arrestation de Riek Machar compromet la perspective de paix et de stabilité au Soudan du Sud. « De ce fait, l’accord de paix de 2018 est abrogé », a-t-il lâché dans un communiqué.
C’est un développement qui intervient après une journée de tension à Juba, la capitale, où les armes ont résonné avec des tirs d’artillerie. Ces détonations ont plongé la population dans la psychose, jusqu’à rappeler les souvenirs du conflit sanglant et meurtrier qui a déchiré ce jeune Etat africain, indépendant depuis 2011, entre 2013 et 2018. Bilan ? Près de 400.000 morts et quatre millions de déplacés.
Au Soudan du Sud, les tensions sont accrues entre Salva Kiir et Riek Machar, qui n’ont cessé de se déstabiliser ces dernières années. En fait, les relations entre les deux hommes se sont considérablement dégradées, menaçant l’accord de paix. Cette crispation suscite des inquiétudes.
Nicholas Haysom, chef de la mission onusienne au Soudan du Sud, alerte sur le risque « d’un conflit généralisé ». « Une fin de l’accord de paix de 2018 ne dévasterait pas seulement le Soudan du Sud, mais affecterait aussi toute la région », a-t-il dit.
Pour l’heure, Salva Kiir et Riek Machar n’ont pas encore ouvert la voie pour un dialogue. Mercredi, la branche armée du parti du vice-président a accusé les forces fédérales du président Kiir d’avoir attaqué deux de ses centres d’entraînement aux portes de la capitale. Elle a dénoncé des attaques « terroristes », appelant la communauté internationale à réagir. Toutefois, ces attaques n’ont pas été confirmées par l’armée du président Salva Kiir. De son côté, elle accuse les troupes de Riek Machar de « manœuvres agressives ».
La Rédaction

